Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Société bloquée et ordonnance bidon !

18 Mars 2013 , Rédigé par c laurans


Il était une fois une société bloquée ! Le roi des animaux s’ébrouant subitement sur son trône décida, un beau matin après avoir dévoré une grosse tartine de moutarde de Dijon, de ne plus écouter tout le monde, d’envoyer sa normalité aux orties et de délivrer son ordonnance pour soigner la société. On danse sur un volcan et le roi des animaux veut envoyer un signal fort. Demain on rase gratis. L’ordonnance est la solution au problème.

Aujourd’hui, le problème n’est pas l’utilisation de procédés dûment encadrés par la loi et qui ont servi sous tous les mandats présidentiels, non, ce qui est en cause c’est le motif qui la justifie. La France serait une société bloquée et donc, il faudrait employer les grands moyens : faire comprendre à ces gaulois récalcitrants que l’élite sait, connaît, circonscrit les problèmes et est la seule à pouvoir les régler pour autant que le peuple ne se mette pas dans l’idée qu’en agissant ainsi, elle travaille contre lui. L’élite politique serait dynamique quand le peuple serait conservateur. Les gouvernants seraient d’irréductibles réformateurs et la société frileuse et butée. La réponse serait la flexi-sécurité, les sacrifices sociaux, l’abaissement du coût du travail, la suppression des avantages acquis par les luttes ouvrières, la mise en cause des syndicats et autres corps intermédiaires. Depuis quelques décennies, les gouvernements de droite ont utilisé et toujours à son avantage, le prétendu blocage de la société pour faire passer des lois qui ont aggravé le sentiment d’inégalité, justifiant, au passage l’idée que ce sont toujours les mêmes qui doivent faire les efforts. Que la gauche utilise le même procédé est troublant, même exaspérant, le ferait-elle sous le prétexte contestable que la concertation qu’elle préconisait dans son début de mandat n’a pas donné les résultats qu’elle espérait car il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, enccore faut-il que tous les partenaires soient à égalité ce que je conteste car je pense qu’il n’en est rien.

En effet, le libéralisme à la mode chez les tenants du marché, ses solutions usées qui ne fonctionnent plus mais sur lesquelles on s’obstine et son obligatoire consensus qui serait la seule solution laisse peu de place au renouvellement des idées dans la recherche de plus d’équité, ou tout simplement dans la compréhension de la réalité et des changements qu’elle implique pour que ces changements changent la répartition des efforts vers plus de justice. Surtout si le discours est pollué par de la communication irresponsable genre : on est riche à partir de 4 000 euros par mois, on impose à 75% les revenus supérieurs à 1 million d’euros mais ça ne devrait pas rapporter  grand-chose et puis ça peut attendre ou bien nous allons instaurer le vote des étrangers aux élections locales mais la population n’est pas prête, il ne faut le faire que si une majorité se dégage et surtout pas avant les élections municipales de 2014…

Comment débloquer une société alors que pendant cinq ans on a pris des dispositions favorables aux plus favorisés, que l’on a divisé les Français dans des débats dont les dés étaient pipés d’avance puisqu’on en connaissait les buts, qu’on lui contestait le droit de manifester son mécontentement dans la rue et que lorsqu’elle le montrait dans les urnes on s’empressait de changer le résultat du vote par une manœuvre parlementaire d’élus  des deux camps, à la botte ? Quand on proclame à tous vents que l’on doit dire la vérité aux Français mais que le discours ne recouvre qu’une partie de la vérité, celle qui arrange pas celle qui dérange, savoir, par exemple que pour que la somme des efforts soit constante, il faut que certains en fasse plus pour que les autres ne soient pas les seules victimes de la rigueur. Force est de reconnaître que le discours, qui consiste à dire que si on impose un peu plus les riches cela touchera les patrons qui n’auront qu’une hâte celle de quitter le pays et que cela aggravera le chômage, empêchera l’économie de repartir, la croissance de revenir et les marchés d’applaudir, ce discours-là met un terme à toute discussion car qui voudrait porter la lourde responsabilité de toutes ces catastrophes, n’est-ce-pas ? On oublie simplement de dire que de nombreux patrons ont eu, avec la complicité du pouvoir, la triste habitude de confondre intérêt personnel avec intérêt général, ce qui a poussé certains d’entre eux à se servir des bonus exorbitants, de se parer de parachutes dorés après avoir vendu les stock-options au bon moment et ceci alors même qu’ils avaient obtenu de piètres résultats pour l’entreprise qui les avait fait rois !

Alors société bloquée ? Peut-être mais ce n’est pas en prenant des ordonnances que l’on règlera les problèmes mais en essayant de comprendre pourquoi l’école n’est pas assez efficace, pourquoi les entrepreneurs laissent la place aux financiers, pourquoi les jeunes ne sont pas un corps uniforme avec des objectifs communs et les mêmes moyens pour les atteindre, pourquoi les trafics et les activités irrégulières rapportent plus qu’un travail honnête, comment redonner de l’espoir à ceux qui ont l’avenir devant eux, comment faire disparaître une classe politique dont les seules préoccupations est leur réélection ou l’augmentation de leurs privilèges et le gonflement de leur carnet d’adresses. Quand va-t-on pouvoir faire une révolution des mentalités sans ménager sans cesse la chèvre et le chou en prenant des décisions courageuses quitte à faire partir tous les riches et tous les voyous sous d’autres cieux ? Quand va-t-on inventer une autre société sans aller prendre nos exemples au nord, au sud, à l’est ou à l’ouest, là où l’herbe est toujours plus verte ?

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article