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Un Cirque en Provence.

18 Juin 2012 , Rédigé par Liberté

Lundi 18 juin 2012.

La vie réserve bien des surprises et c’est l’une d’elles, assez cocasse, qui m’attendait, en fin d’après-midi, sur la route départementale 554 qui va de Gréoux-les-Bains à la sortie des Gorges du Verdon  jusqu’à Hyères-Les-Palmiers, sur la Côte dite d’Azur depuis  l’année 1887 où Stephen Liégeard, écrivain et poète français se lassa de l’appellation très italienne de Riviera.

Je cheminais donc dans ma limousine, pas de la race bovine du centre de la France, mais une 308 Peugeot qui sent encore le neuf, entre les deux petits villages de Ginasservis et de La Verdière. Au détour d’un virage, je faillis percuter King-Kong, toutes canines incisives sorties. L’apparition faillit se retrouver sur le capot de ma voiture mais l’incident ne modifia pas l’attitude du quadrupède qui se contenta d’avancer sur la route où le goudron chauffé à blanc – c’est à cet instant précis que, sur le côté gauche de la route, derrière le panneau indicateur, deux portraits s’affichaient, récents vestiges de la campagne électorale et témoins déjà vieillis du combat des chefs. Côte à côte, le portrait de la candidate FN de la circonscription : Mme Blanc, taguée d’une croix gammée du plus bel effet et celui du candidat du Front de Gauche dans le nord, M.Mélenchon affublé d’une petite moustache hitlérienne - fondait sous la canicule. Le thermomètre extérieur indiquait 39 degrés Celsius et les pneus chuintaient comme aux meilleurs jours de juillet.

Fixement le monstre me fixait flanqué, sur sa droite, d’un volatile bleu et jaune, fier comme un perroquet et, sur sa gauche, d’une espèce de mouflon bougon, qui me tournait le dos. Derrière King-Kong toujours aussi immobile et en plastique, un tigre à la robe de zèbre enjambait un crocodile qui n’aurait pas effrayé un raton-laveur et qui prenait tous les gaz d’échappement de la voiture qui tractait la remorque surmontée d’un dais rouge, ouvert aux quatre vents qui filait devant moi.

Et je décidais de ne pas dépasser ce curieux attelage, provoquant un bouchon de touristes énervés et d’automobilistes pressés. Je n’en avais cure car tout ce beau monde respectait les limitations de vitesses qui sont calculées chez nous, non pas pour éviter les accidents et faire baisser les morts de la route mais pour nous permettre d’apprécier les beautés de la nature qui sont réparties de chaque côté de la route avec un égal bonheur.

J’avais un léger sourire sur les lèvres en pensant que des gens pouvaient encore vivre, en 2012, en montrant des animaux en plastique à des enfants. Rien à voir, il faut le dire avec la vie de Mme Pulvar Audrey qui, à une question de journaliste inspiré qui lui demandait ce que ça faisait de vivre avec un ministre, répondit, avec un grand sourire et méprisante : « c’est chiant » ! Comme il doit être bon d’être aux commandes d’un petit cirque de village à galérer toute l’année devant des gamins frondeurs et des grands-parents résignés pendant que d’autres sont des compagnes de ministres ou de présidents chiants !

Je dus abandonner ma poursuite de la savane en plastique pour tourner à gauche, un biais, comme disent chez nous les bergers, qui me va bien même si je trouve certaines compagnes de ministres et de présidents, particulièrement chiantes, en ce moment.

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