Un prix Nobel de la Paix et après ?
Le comité Nobel norvégien a l'embarras du choix cette année avec 241 organisations et individus en lice pour le Nobel de la paix avec l'UE, le printemps arabe et une liste de candidats dont l'identité est un secret bien gardé jusqu'à onze heures, heure française. Un grand absent, l'OTAN. Non, je plaisante. Le Nobel de la Paix récompense " la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix " trois conditions totalement opposées à l'action de l'Otan en Libye. Même si cette alliance militaire est le bras armé de l'Europe pour défendre des populations en danger ? Même !!!
Mais qui alors ? Réponse dans quelques heures.
Au moins 30.000 personnes ont été tuées en Libye depuis le début de la guerre il y a six mois et 50.000 autres blessées, a annoncé jeudi le ministre de la Santé par intérim Naji Barakat. Il s’agit du premier bilan officiel depuis le soulèvement contre le colonel Moammar Kadhafi.
Ces chiffres s’appuient sur les bilans des hôpitaux, des responsables locaux et des chefs rebelles. Lors du Conseil Européen de Bruxelles, le 24 mars 2011, Nicolas Sarkozy disait que "les actions entreprises ont largement contribué à protéger la population et les zones civiles menacées" et de se réjouir de l'unanimité des pays européens.
Selon la télévision « Al Arabiya », l’armée nationale libyenne et les révolutionnaires qui encerclent Syrte et Bani Walid, affirment que la prise de Syrte est une question d’heures. L’OTAN s’apprête à suspendre ses frappes.
Plus de 2.900 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début des manifestations pour la démocratie à la mi-mars, a annoncé jeudi Navi Pillay, haut commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme.
Si, d'aventure, l'UE était la lauréate, il faudrait ajouter aux conditions d'attribution édictées par Nobel, "la protection sélective des populations menacées". Mais, finalement, quelle importance peut encore revêtir un prix Nobel dans un monde où les "belles actions" ne sont pas toujours motivées par les "meilleures intentions". Et n'est-ce pas le lot de tous les "prix" ? Celui de jouer le rôle de l'arbre qui cache la forêt.