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Une idée qui ne peut attendre, une idée qui vaut ce qu'elle vaut.

19 Juillet 2011 , Rédigé par C

 Laissons les Anglais étriper Murdoch, enterrer le journaliste qui a dénoncé les écoutes téléphoniques illégales (sa mort étant déjà annoncée, dans les médias, comme non suspecte!), les juges entendre Hollande (quelques jours avant la primaire socialiste, comme par hasard) dans l'affaire DSK-Banon, le mauvais temps pour les juilletistes, les chiens bouffeurs d'enfants (quand prendra t-on les bonnes décisions contre les propriétaires de ces monstres?) et intéressons-nous à la sécheresse. Pas celle qu'ont connu nos agriculteurs français toujours très prompts à dramatiser à l'extrême des situations difficiles, certes, mais que l'on peut régler à coups de subventions et de moulinets de ministres mais, celle qui frappe la corne de l'Afrique, c'est-à-dire le Kenya, l'Ethiopie et surtout la Somalie.

 

Et, comme le temps presse, décidons, dès maintenant, d'utiliser les deux porte-hélicoptères en opération au large de la Libye, les avions disponibles, pour transporter de la nourriture aux populations en danger de famine. Faisons sortir nos soldats d'Afghanistan pour aller porter aide et assistance aux populations de ces pays. Consacrons une partie de l'argent dépensé pour parachuter des armes, à des insurgés libyens, pour fournir du lait aux 250 000 enfants, de la corne de l'Afrique, menacés de malnutrition sévère.

 

Utopie ! Casse-cou !! Irresponsable !!! POPULISTE !!!!

 

Cependant, cela ne se peut-il ? Et pourquoi ?

 

Est-ce dû au fiasco, en 1993, de l'opération Restore Hope, première intervention menée sous l'égide de l'ONU, par les Américains, au prétexte d'ingérence humanitaire ? Il semblerait qu'Obama en ait tiré la leçon car, pour la Libye, il a été d'une prudence extrême et d'une discrétion remarquable.

 

Est-ce que parce qu'un civil mourant de faim à cause de la sécheresse est moins important qu'un civil qui aurait pu mourir si Kadhafi avait pris Benghazi avec ses blindés ? Car, si l'on peut admettre que la Somalie est touchée, comme les autres pays de la corne de l'Afrique, par des sécheresses répétées, il faut aussi se rappeler que ces pays sont affaiblis, exangues, détruits par les occupations étrangères et les guerres civiles claniques qui ont suivi. Depuis le XVI° siècle, Portugais, Anglais, Français, Italiens se sont succédés « au chevet » de ce pays riche en mines d'uranium, de cuivre, de fer et de réserves pétrolières.

En Ethiopie, l'histoire est plutôt marquée par des oppositions religieuses et l'occupation italienne mais c'est, dans l'histoire moderne, « un exemple flagrant des dérives de la mondialisation. Les mesures préconisées par les institutions financières internationales comme le FMI ont systématiquement freiné les progressions sociales» a pu dénoncer Joseph Stiglitz, Nobel d'économie. Dans ces mesures, il était recommandé de vendre les entreprises publiques !

 

Bien sûr, tout ceci n'a aucun rapport avec la disette, la sécheresse et le fait que les fléaux les plus graves, au Kenia, soient le paludisme et le SIDA. Mais que d'énergies, de travail, d'inventions humaines, de culture ancestrale, d'art de vivre incapables de pallier la bêtise des hommes.

 

Arnaud Montebourg, trop jeune pour s'être compromis dans la politique étrangère de la France en Afrique, a répondu à la question : quel regard portez-vous sur la politique africaine de la France ?

- Depuis le discours de Cancun de François Miterrand , rien n'a changé. La France a continué à entretenir les régimes autoritaires, elle n'a pas contribué à la construction d'états de droit et a participé au partage du butin de la corruption ; le butin françafricain. Elle a donc une lourde responsabilité dans le sous-développement du continent. De Miterrand à Sarkozy, rien n'a changé. »

 

J'ajouterai que les agriculteurs de ces pays ne sont, pas plus qu'en Europe, maîtres de la fixation des prix des denrées qu'ils produisent, prisonniers des cours des matières premières, des fluctuations des monnaies et mais que, la quatrième plaie de la corne de l'Afrique, la sécheresse, bien plus grave qu'en France, risque bien d'en faire des victimes innocentes.

 

Mais la corne de l'Afrique, où est-ce ?

N'est-ce pas au large de laquelle des brigands arraisonnent des yatchs de luxe ?

Ne met-on pas tout en œuvre pour mettre fin à ces brigandages ?

La Somalie, décidément, est un pays maudit.

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