Victoire diplomatique à l'UNESCO pour les Palestiniens.
Les Etats membres de l'Unesco ont majoritairement choisi de donner aux Palestiniens, le statut de membre à part entière de l'ONU pour l'éducation, la science et la culture, lors d'un vote à Paris. Ce vote se déroulait dans un contexte de regain de violence entre Israël et les Palestiniens de la bande de Gaza.
La France a voté pour l'adhésion, le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, ainsi que la quasi-totalité des pays arabes, africains et latino-américains ont aussi voté pour, les États-unis, l'Allemagne et le Canada ont voté contre. L'Italie et le Royaume Uni se sont abstenus. (LEXPRESS.fr)
Les États-unis avaient déjà fait savoir que si le vote était positif ils suspendraient le financement de l'UNESCO. Sympas !
Un rappel historique sur le rôle des Britanniques qui, aujourd'hui, s'en lavent les mains, n'est peut-être pas inutile pour mes jeunes amis.
En 1914 l'Europe est en guerre. La Palestine dépend de l'empire ottoman qui est un allié de l'Allemagne. La Palestine occupe une position stratégique par rapport au canal de Suez. Les Britanniques font alors le calcul suivant : pour obtenir le soutien des communautés juives d'Europe et d'Amérique, ils appuient le projet de création d'un foyer national juif en Palestine. Le chérif Hussein, chef de la région de Hedjaz et gardien des lieux saints de La Mecque a compris la faiblesse ottomane et, dès 1914 il établit le contact avec les Anglais en échange de la reconnaissance d'un empire arabe uni. Les Anglais, bien ^sur, n'ont jamais eu l'intention de lui donner satisfaction.
Lord Lionel W.Rothschild, président de l'organisation sioniste mondiale, soumet en 1917, un plan au gouvernement britannique. Lord Balfour, secrétaire d'état au Foreign Office, lui répond par un courrier officiel, le 2 novembre 1917, dans lequel les Britanniques s'engagent à l'établissement des juifs en Palestine. "… étant entendu que rien se sera fait qui pourrait porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non juives de Palestine". C'est la déclaration Balfour approuvée par Churchill, acceptée par la France en 1918 et qui est reconnue internationalement quand la Société des Nations qui deviendra l'ONU demande aux Britanniques de la mettre en application en son nom. Les résolutions de la SDN n'existaient pas et le respect de la parole donnée non plus. Déjà, le fait d'appeler à un respect des droits "des communautés non juives" au lieu de dire tout simplement " des communautés palestiniennes" montre que le choix est fait puisque l'on s'applique à ne rassurer qu'une partie de la population – l'arabe – c'est-à-dire celle qui, dans l'esprit des Anglais court le plus grand risque dans la partition.
En 1896, Théodore Herzl, fondateur du sionisme avait pour objectif de créer un état juif en Argentine ou en terre sainte mais, très vite, on s'oriente vers la Palestine. Pendant treize siècles les Juifs et les Arabes vivaient côte à côte mais l'arrivée massive de sionistes d'Europe (16 500 par an dès 1920 plus les clandestins) va détruire l'harmonie fragile et l'hostilité entre les deux communautés va vite faire place à la haine.
La commission Peel par le gouvernement britannique, en 1936, recommande de partager la Palestine en deux états pour juguler les rapports de violence entre les deux communautés dans l'entre-deux guerres. En 1939, le gvt britannique publie un livre blanc où il affirme que "son objectif n'est pas de créer un état juif et que les prétentions d'un état arabe ne sont pas fondées". Difficile de faire plus hypocrite ou plus perfide. Les Britanniques, sous l'œil bienveillant de la France, n'ont cessé de trahir leurs engagements envers les Palestiniens en négociant, en douce, des accords avec les uns en contradiction avec ce qu'ils promettaient aux autres.
Dès 1945, les implantations juives sous mandat britannique et malgré les promesses contraires sont réalisées sur les meilleures terres dans le fief de la présence humaine arabe.
En 1946, une commission d'enquête anglo-américaine recommanda une augmentation importante de l'immigration juive et soulignait que " la Palestine devait devenir un état qui garantisse les droits des musulmans, des chrétiens et des juifs ".
Ce sera le déclanchement du terrorisme. Le 14 mai, le mandat des Britanniques ayant pris fin, sur leur demande à l'ONU, ils se retirent de Palestine et laissent les belligérants face à face. Le conseil national juif proclame, le même jour, "la création d'un état juif en Palestine en vertu du droit naturel et historique du peuple juif".
Les conflits israélo-arabes débutèrent après la fin du mandat britannique en Palestine et durent encore.
Merci à Majed Qaterneh qui a écrit sa thèse de doctorat en Sciences Politiques.