Aujourd'hui encore les Jeux Olympiques 2012.
Les JO de Londres sont une grande réunion où se croisent toutes sortes d’intérêts :
intérêt sportif pour de nombreux athlètes, très majoritairement jeunes et qui se mesurent dans leur discipline, s’étalonnent,
intérêts nationaux de pays qui comptent sur les médailles pour redorer un blason ou sortir de l’anonymat sportif même si ceux qui pensent et il y en a, que quelques breloques en or ou en argent peuvent plus servir leur politique intérieure qu’une gestion honnête et rigoureuse – l’Espagne qui a cru que la victoire de son équipe de football en championnat d’Europe pouvait faire oublier sa dette, la France qui a cru que sa victoire black-blanc-beur en coupe du monde pouvait régler le problème des banlieues et le racisme (l’histoire récente de l’équipe de France de foot a montré la vanité d’une telle ambition quand elle s’adresse à des merdeux) sans passer sous silence ces riches petits pays du golfe qui font leur marché avec les pétrodollars dans les pays pauvres pour naturaliser des sportifs qui iront leur chercher quelques médailles (ils imitent en cela l’exemple de grandes nations qui utilisent ces pratiques depuis quelques années)
et intérêts financiers car, l’argent a une importance de plus en plus grande dans les JO qui coûtent de plus en plus cher mais qui rapportent gros.
On a vu de remarquables performances de sportifs professionnels bien entraînés et des gestes qui font chaud au cœur comme ceux de ces sportifs se congratulant toutes nations confondues, toutes couleurs et religions oubliées, ce coureur de 400 mètres plat doublement amputé... Cela met en valeur, d’autant plus fort, les mauvaises prestations des journalistes et de certains consultants. On ne passera pas sur l’indigence du vocabulaire de la plupart d’entre eux hormis les qualificatifs de « génial », « historique », et on ne peut pas laisser passer le vocabulaire guerrier excessif où on a l’impression d’assister à des combats de rues, en particulier dans les sports de combat, mais pas seulement.
Mais ce qui me surprend le plus c’est la maîtrise des très jeunes compétiteurs qui analysent, devant les micros tendus, leur victoire comme leur défaite avec beaucoup de mesure, de justesse et de calme comparée aux hurlements, que dis-je, aux vociférations quand ce ne sont pas des mugissements des déjà vieux commentateurs qui donnent tous l’impression qu’il est nécessaire de brailler pour montrer son enthousiasme et son patriotisme. Il faut dire que la retransmission des épreuves les encourage à ce genre d’attitude puisque France 2 fait le choix du zapping pour ne montrer que les épreuves où il y a un Français en compétition. On a l’impression de voir un match France contre le reste du monde. Un exemple : pour les finales de plus de 100kg en judo, après la demi-finale de Teddy Rinner qui deviendra un champion olympique incontestable tant ses différents adversaires ont refusé le combat, la télé a totalement occulté l’autre demi-finale qui devait décider de l’adversaire du Français ce qui, sportivement, présentait un intérêt majeur, pour présenter un clip sur le judoka français. Il s’en suit un saucissonnage des compétitions qui nuisent à leur compréhension mais qu’importe si l’audimat est bon et les sponsors satisfaits.
Cela étant, on a vu une rêne d’un harnachement d’un cavalier français casser, ce qui ne peut et ne doit pas arriver, des contre-performances de sportifs affirmés et favoris, des surprises agréables d’obscurs, de sans-grades qui sortent vainqueurs, des « reines » et des « rois » - d’après le vocabulaire des journalistes - déchus et des rires et des pleurs sans oublier la suspicion, les combines, les arrangements qui gâchent un peu la fête mais qui cèdent le pas à la vague d’enthousiasme où surfent ces beaux athlètes.