Communauté d'agglomération : du nouveau ?
Les élus du Conseil Général du Var et les élus des communautés de communes d'Argens en Verdon et de Verdon-Mont Major dont fait partie La Verdière s'opposent à la création d'une communauté d'agglomération autour de Brignoles et St Maximin, communauté dont nous ne voyons pas très bien ce qu'elle apporterait à nos territoires.
Un affichage "Non à l'agglo" a alerté la population sur le projet que le Préfet du Var, représentant de l'Etat, désire mettre en place sur l'ouest-varois et qui nous impacte directement.
La loi du 16 décembre 2010 portant réforme des collectivités territoriales dans le but de moderniser l'organisation de l'intercommunalité a trois objectifs avoués :
- achever la carte intercommunale par le rattachement des 36 dernières communes isolées à des EPCI à fiscalité propre,
- rationnaliser le périmètre des EPCI,
- simplifier l'organisation de l'intercommunalité de gestion par la suppression d'un certain nombre de syndicats intercommunaux.
Le schéma d'orientation adopté le 1er juillet 2006 est insuffisamment appliqué, d'après les services préfectoraux, même s'il a été "conçu comme un exercice de production conjointe entre le Préfet et les élus du territoire". Il comporte des effets juridiques et des dates butoirs.
Il sera arrrêté le 31 décembre 2011 et révisé tous les six ans. Le Préfet, mais c'est une habitude de l'administration dans sa plus simple expression, affirme que c'est un travail mené après une importante concertation auprès d'un grand nombre d'élus du département et d'échanges conduits à leur niveau par chacun des sous-préfets d'arrondissement.
Je me pose la question de savoir s'il faut continuer à se concerter avec ce pouvoir et poser la question, c'est déjà y répondre.
En effet, la réforme des retraites en est un des derniers et significatif exemple. La concertation qu'a mené le gouvernement a mis tous les syndicats et des millions de personnes dans la rue mais cette concertation a abouti à une décision unilatérale du pouvoir au mépris de l'avis des parties concernées.
Sur ce que je sais, n'étant pas dans les arcanes du pouvoir, c'est que nos élus du Haut-Var ne semblent pas avoir fait partie de cette "concertation", c'est ce qu'ils nous disent et nous les croyons.
Dans l'action, nous nous mobilisons contre cette réforme qui nous apparaît ne pas aller dans le sens de nos intérêts.
C'est ce matin que je lis un développement de l'histoire sur le magazine du Conseil Général du Var -juillet-août 2011- et que je vous livre in-extenso.
Sa lecture semble infirmer tout ce que je viens de vous révéler sur la com du Préfet, la soi-disant concertation, et le travail commun mais, je vous laisse juge.
Les élus du Conseil Général du Var ont voté, à l'unanimité, le retrait du schéma intercommunal du Var souhaité par le Préfet. Ce vote qui a fait consensus au-delà de l'appartenance politique " a pour but de maintenir un statu quo pour permettre aux collectivités concernées de conduire en concertation la construction intercommunale", a expliqué le président Horace Lanfranchi.
On croit rêver et pourtant, le mot concertation semble bien avoir deux sens opposés selon qu'il est employé par l'un ou par les autres et le consensus ressemble plutôt à un dissensus !
Mais voici la suite : Si la généralisation et l'optimisation des coopérations intercommunales sont incontournables, "notre délibération ouvre le débat et le dialogue autour d'une question cruciale pour l'avenir du département. Il faut laissser le temps aux élus pour réaliser les études et apprécier les conséquences financières, fiscales et juridiques des différentes solutions envisagées."
Je fais juste remarquer que ne figurent pas les conséquences humaines et sociales dans "l'appréciation" du Conseil Général mais cela doit être sous-entendu !
Avant de conclure, juste un point d'histoire qui illustre bien les pratiques et les moeurs politiques :
"Il faut laisser le temps aux élus" dit Mr le Président, bien, mais ne sont-ce pas les mêmes élus qui en ont perdu tant ? En effet, j'en témoigne, étant élu et délégué à trois de ces syndicats intercommunaux à l'époque, il y a dix ans, un bail, certains élus qui n'avaient pas suffisamment réfléchi peut-être et pas assez débattu sûrement ou qui pensaient plus à leurs intérêts particulier qu'à l'intérêt général (ils se reconnaîtront) ont fait capoter le projet d'une communauté de communes proposé par J.Lefèvre, président du SIVOM et adjoint du maire La Verdière et qui recouvrait le territoire d'intervention du SIVOM. Ce projet avait pour effet de créer une communauté de communes qui aurait repris les délégations des syndicats intercommunaux, en conservant les personnels et on aurait gagné dix ans que les élus auraient pu mettre à profit pour réfléchir à autre chose !
Car, la proposition des élus actuels, dont nombre d'entre eux étaient des élus d'alors, c'est de créer cette communauté de communes, contre le projet du Préfet. Que de temps, d'énergie perdus !
Le titre, pour finir, du magazine est à pleurer :
"Intercommunalité : consensus pour ouvrir le débat ".
Vous ne rêvez pas ! L'histoire est faite de ces grandes idées qui accouchent d'une souris.
Silence, on réfléchit dans le consensus !