Diminuer la dette : c'est possible.
L'endettement public a toujours été, depuis la révolution, une pratique de gouvernance, car avant, c'était un endettement privé, celui du roi qui réglait le problème, jusqu'à ce qu'on lui coupe la tête, en prélevant arbitrairement l'impôt qui remplissait sa cassette personnelle jusqu'à la banqueroute suivante.
Lors de guerres, de crises mondiales, l'endettement public est la seule façon de continuer à faire fonctionner l'Etat et il peut atteindre, lors de ces périodes critiques, des niveaux très élevés sans rapport avec la richesse du pays qui le contracte. Cela peut être pris comme un impôt pour les générations futures mais cela est aussi un passage obligé, pour un pays, qui doit faire face provisoirement à des circonstances exceptionnelles.
Comme rien n'est simple, du fameux impôt futur il faudrait déduire le développement que représentent les grands travaux de reconstruction ; c'est ainsi que des générations, dont la mienne, ont profité et profitent encore de l'aménagement des quais des ports au XIX° siècle, du développement des réseaux routier, ferroviaire et fluviaux, de la construction d'aéroports, de la reconstruction d'après-guerre...
Réduire la dette est possible, arriver à l'équilibre est plus difficile mais pas impossible car cela fut fait après 1789, après 1945 alors pourquoi pas après la défaite de la droite et une gouvernance intelligente de gens qui ne privilégie pas l'intérêt particulier mais qui pense à favoriser les PMI, PME, proches de la population et qui n'ont aucun intérêt à délocaliser une production qui, à terme, avec l'augmentation inévitable du coût des transports va avoir tout intérêt à se relocaliser ; c'est une façon de démondialiser le pouvoir d'achat qui gagnera, entre autre, dans la réduction des déplacements de la main d'oeuvre, par exemple.
- Impossible !
- Non !
- Impossible vous dis-je !
- Hé bien moi j'y crois encore !
Pour éponger ce fort endettement, il y a des recettes (si l'on peut dire), toujours les mêmes :
- l'inflation, mais elle spolie les épargants, les plus petits,
- l'augmentation des impôts, la droite au pouvoir y est fortement opposée car elle ne conçoit l'impôt qu'à la baisse pour avantager les plus riches (je rappelle, pour ceux qui ont la mémoire courte, la réforme du bouclier fiscal),
-la forte croissance, mais elle ne se décide pas, il faut créer les conditions de son développement et beaucoup s'accordent sur le fait que les relances décidées par le pouvoir sont très insuffisantes.
Il est intéressant de noter qu'avant 1970, la dette est nulle ou presque. Ne payait-on pas les foncttionnaires ? Les retraites ? Ne se soignait-on pas ? Les routes étaient-elles si mauvaises ?
En fait, l'Etat avait la possibilité d'emprunter de l'argent à la Banque de France à des taux sans commune mesure avec les taux pratiqués depuis la loi de 1973, sous Pompidou venant d'ailleurs de la banque privée, qui interdit à l'état d'emprunter à la Banque de France.
Le traité de Maastricht aggrave la situation en interdisant l'emprunt auprès de la Banque Centrale Européenne. Le résultat, c'est ce que nous avons vu pour la dette grecque. Le gouvernement grec ne pouvait emprunter à la Banque Européenne à des taux normalement pratiqués dans la zone Euro, et il fut obligé d'emprunter à des banques privées des liquidités que ces banques avaient empruntées à des taux inférieurs à la BCE !
Non ?
Si!
Non !
Si, si, vous dis-je !
La dette peut être, aussi, une arme politique. C'est ce qui se passe aux USA où les Républicains l'utilisent pour s'opposer à Obama. Chacun sait que les Américains ne peuvent faire autrement que de relever le plafond de la dite dette car ils ne peuvent se permettre un défaut de paiement. Le combat que mène le dirigeant républicain de la Chambre des Représentants contre Obama montre assez le peu de cas qu'il fait du montant de la dette car il est, pour lui, un moyen non une fin.
PS : Voir, plus bas, un tableau de l'évolution de la dette en France.
Tous les gouvernements depuis 1973 ont préparé des budgets déficitaires et les parlements les ont approuvés, votés sans discontinuer jusqu'à aujourd'hui, que dis-je, jusqu'à demain...
Que l'on ne nous fasse pas le coup du "on ne savait pas!" mais que l'on regarde, un peu plus sérieusement, tous les rapports (ils doivent remplir les archives) qui ont alerté les élus, les responsables politiques qui n'en tinrent aucun compte.
C'est vrai qu'en période de forte croissance, c'est moins important mais, comme on sait, historiquement, que la croissance fluctue, le bon sens eût valu que l'on se préoccupa de rembourser la dette ou une partie, quand on le pouvait.
Il reste que, si on ne peut pas agir sur les dépenses, au risque de se soigner moins bien, d'abîmer notre système scolaire, de détruire la solidarité nationale, ce que fait le gouvernement depuis deux mandats au moins, il faut agir sur les recettes : augmenter la TVA sur les produits de luxe, taxer les plus-values, les transactions financières, faire payer les impôts aux grands groupes qui nous roulent dans la farine (lorsque je considère certains prix de certains produits de luxe, je suis complètement stupéfait que cela puisse exister et je me dis que dans la suite de 200 m2 à 2400 euros la nuit dans un grand hôtel, on doit vous laver les serviettes tous les jours, qu'un couple normalement constitué doit pouvoir vivre normalement, en attendant d'aller habiter ailleurs, avec moins de quatre salles de bains, sans salle de projection privée, et des chiottes à 15 000 euros le m2, qu'un sportif, même pas très fûté, peut aller à l'entraînement sans sa limousine à 90 000 euros, et les exemples abondent pour montrer que la dette à encore de beaux jours devant elle, aussi longtemps que d'aussi grandes inégalités perdureront).
*Alors je sais, on va me dire que ce que l'on récupèrera ne suffira pas à boucher le trou mais je maintiens, pour avoir fait un brillant cours élémentaire première année, que si on augmente les recettes plus que les dépenses, la dette diminue ; n'est-ce pas le but recherché. (Je m'excuse auprès des très riches, pas tous, des sportifs, pas tous, des tricheurs, tous, des profiteurs, tous, mais je ne vois que la solution de les faire payer pour diminuer la dette. C'est basique ? Oui mais pas si con que ça !
Ca dérange ? Oui mais tant pis !
Ca vous fait rire ? Hé bien tant mieux, surtout si ça fait rire les pauvres, il paraît qu'un bon rire vaut deux beefsteaks !
Ca va faire partir les riches ?
Oh, putain ! Mais où iront-ils si toute l'Europe, l'Amérique et demain d'autres pays mènent la même politique de partage des revenus du travail ? En Chine ? En Afrique ? Pas en Norvège, ni en Syrie...
| Année | Dette publique | Solde public | Dette publique | Solde public |
|---|---|---|---|---|
|
| % du PIB | milliards d'Euro | ||
| 21 2 % | -1,7 % | 72,8 | -5,9 | |
| 21 1 % | -0,4 % | 82,8 | -1,4 | |
| 20 7 % | -0,3 % | 92,2 | -1,2 | |
| 22 0 % | -2,4 % | 110,1 | -12,0 | |
| 25,3 % | -2,9 % | 145,5 | -16,7 | |
| 26 6 % | -2,6 % | 170,0 | -16,5 | |
| 29 0 % | -2,8 % | 201,4 | -19,5 | |
| 30 6 % | -3,1 % | 227,7 | -22,9 | |
| 31 1 % | -3,3 % | 249,3 | -26,4 | |
| 33 4 % | -2,1 % | 281,2 | -17,9 | |
| 33 3 % | -2,7 % | 302,8 | -24,5 | |
| 34 0 % | -1,9 % | 333,3 | -18,6 | |
| 35 2 % | -2,5 % | 363,6 | -25,6 | |
| 36 0 % | -3,0 % | 385,1 | -32,0 | |
| 39 7 % | -4,6 % | 440,1 | -51,0 | |
| 46 0 % | -6,5 % | 515,4 | -72,3 | |
| 49 2 % | -5,5 % | 570,0 | -63,3 | |
| 55 5 % | -5,5 % | 663,5 | -65,4 | |
| 58 1 % | -4,0 % | 712,7 | -49,4 | |
| 59 5 % | -3,3 % | 752,5 | -41,8 | |
| 59 6 % | -2,6 % | 787,4 | -34,6 | |
| 59 0 % | -1,8 % | 806,9 | -24,6 | |
| 57 5 % | -1,5 % | 827,3 | -21,7 | |
| 57 1 % | -1,6 % | 853,3 | -24,6 | |
| 59 1 % | -3,3 % | 912,0 | -50,4 | |
| 63 3 % | -4,1 % | 1 004,9 | -64,7 | |
| 65 2 % | -3,6 % | 1079,5 | -59,2 | |
| 66 8 % | -2,9 % | 1 147,6 | -50,2 | |
| 64 1 % | -2,3 % | 1 152,2 | -41,9 | |
| 64 2 % | -2,7 % | 1 211,6 | -51,6 | |
| 68 2 % | -3,3 % | 1 318,6 | -64,3 | |
| 79 0 % | -7,5 % | 1 492,7 | -142,5 | |
| 82 3 % | -7,1 % | 1 591,2 | -136,5 | |