Crise existentielle.
Crise existentielle ?
La création de l'Europe a entraîné une diminution de la souveraineté de chaque nation adhérente. Les états ont dû abandonner des prérogatives et déléguer des pouvoirs.
L'illustration la plus éclairante est la situation grecque.
Mr.Junker, président de l'Eurogroupe, a déclaré que la Grèce, pour profiter de l'aide européenne, devra abandonner énormément de souveraineté, c'est-à-dire qu'en échange de quelques milliards d'aide la Grèce va devoir accepter les directives que va lui donner une instance européenne pour réaliser ses privatisations.
Cette situation et ce nouveau développement de la crise pose trois questions importantes :
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la crise grecque préfigure t-elle les crises d'autres pays européens, dont tout le monde connaît les noms mais que tout le monde fait semblant d'ignorer ?
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Les peuples des nations européennes sont-il définitivement écartés des décisions qui impactent directement leur vie ?
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Les profiteurs qui ont mis les états en faillite ou, pour le moins, ont contribué à l'aggravation de leur dette, seront-ils les seuls à ne pas payer les pots cassés ou mieux, seront-ils les grands bénéficiaires de la crise ?
En faisant de la Grèce le vilain canard boiteux de l'Europe, mal gérée, tricheuse et inconséquente, classée 71ème sur 180 pays (la France est 22ème!), sur la liste annuelle de perception de la corruption réalisée par Transparency, on ne parle pas de la corruption généralisée en Europe où on trouve la moitié des paradis fiscaux du monde (aucun rapport avec la présence, au mariage princier de Monaco, de beaucoup des « grands » de la Terre.)
Ce sont donc des politiques économiques où les mœurs, malgré la volonté de quelques-uns, se satisfont de toujours moins d'éthique. En effet, nombreux sont les pays qui signent des Conventions pour lutter contre la corruption mais bien peu les ratifient et aucune ne les respecte ; la preuve, ces affaires comme Karachi, les vedettes de Taïwan...qui ne trouvent jamais d'issues, cachées derrière le sacro-saint secret d'état.
Tôt ou tard, il faudra bien que chacun balaie devant sa porte et, ce jour-là, la Grèce ne se trouvera peut-être pas la seule à être clouée au pilori.
Les jeunes, dont nous ne savons pas très bien ce qu'ils ont dans le cœur et dans la tête, et qui se connectent à Internet, ne peuvent être insensibles à cette situation dégradante et dégradée car la jeunesse a la pureté que n'ont plus les politiques blanchis sous le harnais et qui raisonnent d'après des modèles dépassés et archaïques. Il faut sortir d'un système économique basé sur des doctrines et des raisonnements de gourous antédiluviens.
Les risques systémiques chers à nos débatteurs (nos débablateurs) sont bien réels et l'urgence est de mettre une agence de notation européenne institutionnelle qui permette à l'Europe de ne plus être à la remorque d'agences de notations privées et donc des banques.
La deuxième question est de savoir, si après la Grèce, les peuples seront, s'ils ne le sont déjà, définitivement écartés des décisions qui les concerne. En effet, les privatisations, en Grèce, vont être conduites par une commission européenne qui sera souveraine et qui marginalisera l'état grec. En sera t-il de même demain en Espagne, au Portugal, en France ?
Actuellement, les privatisations sont conduites par les élus de la nation, c'est le gouvernement qui les fait et qui choisit. Il n'empêche que le fait de voir, par exemple, la Chine acheter le port du Pirée pour effacer une partie de la dette grecque, ne me paraît pas respecter fondamentalement le droit du peuple grec. Mais, si demain, une commission spéciale prend le pouvoir, même composée de personnes honnêtes, ma conviction est que ce sont, de nouveau, les grands groupes financiers qui imposeront leur loi et le dépeçage du pays se fera, une fois encore, au détriment des peuples. Si la classe politique ne comprend pas qu'elle doit protéger la vie et l'avenir des citoyens, si elle ne se donne pas les moyens de gouverner et ne prend pas en mains son destin, la fracture entre elle et le peuple s'aggravera.
Il faut donc une Europe politique plus resserrée qui aura des relations avec des pays satellites au lieu de continuer à s'ouvrir, sans condition, à des pays trop différents les uns des autres. Il faut stopper une Europe où le but poursuivi n'est que de créer un immense fromage pour les renards de la finance.
Pour la dernière question, la réponse est OUI ! Les profiteurs continueront à profiter aussi longtemps que nous laisserons ceux qui « composent », noter « leur copie ».