De la merde pour s'éclairer ! Du beef pour se nourrir !
Le monde découvre la pierre philosophale et transforme la merde en or !
M.Le Foll, ministre des agriculteurs, souhaite développer sur le sol français des usines purino-motrices*. (NDLR : néologisme de la rédaction ; sont appelées « purino-motrices » les installations qui fabriquent de l’énergie avec le purin comme carburant. Elles sont destinées à produire de l’électricité achetée au prix le plus haut par EDF, donc financée par l’impôt et par le consommateur. Elles devraient permettre aussi, à l’éleveur, d’avoir un revenu collatéral appelé « diversification des produits agricoles susceptible d’améliorer le revenu de l’éleveur ».
Le principe est simple. On récupère le purin des vaches et après fermentation on fait brûler le méthane dégagé pour fournir des calories aux turbines dans une installation dont la durée de vie et l’amortissement n’ont pas encore été évalués du fait que l’expérience n’a pas encore assez de recul. La vache laitière produit 15 tonnes de bouse par an, le porc 1 tonne de lisier pendant la même période et le canard 0,2 tonne et ces chiffres donnés à titre d’information ne sont que des moyennes qui, comme chacun sait, ne veulent pas dire grand-chose si on considère les techniques d’élevage, l’âge de la vache et sa localisation – les bouses des vaches du Sahel étant moins nombreuses et moins abondantes que celles des laitières de Normandie ! D’où le choix de la vache quoique le canard, comme le lapin ne soit pas à négliger, tant il est vrai que de la merde n’a pas d’odeur quand il s’agit de la transformer en argent.
( Selon une expérience canadienne, 140 vaches produiraient 400 m3 de bio gaz par an soit 750 KW d’énergie électrique par jour, suffisants pour rentabiliser l’opération dans dix ans. Chiffres donnés SGDA – sans garantie de l’auteur)
Cependant toute une littérature scientifique, pour peu que l’on se penche sur le sujet, promet monts et merveilles pour le bio gaz issu du purin. Il faut dire que toutes les conditions ne sont pas réunies comme à Chantilly et que le rendement d’une exploitation doit dépendre beaucoup du rayon de ramassage des purins.
Abandonnons un instant le cadre technique. Et encore. Le purin de cheval vaudrait le purin de bovin (certain purin de grands trotteurs ou galopeurs de PMU serait peut-être, je dis peut-être un peu trop chargé en antibiotiques et dopants dangereux pour l'enrichissement des terres pour la culture bio et gagneraient à être brûlés). C’est une bonne nouvelle pour ceux qui ne sauraient pas reconnaître un crottin de cheval d’une bouse de vache et qui risqueraient, comme Findus, de se faire blouser en achetant du cheval au lieu de bœuf. Cette technique aura t elle le mérite de réhabiliter l'élévage en tabulation plus propice pour récolter les bouses qu'en plein champ et de donner un nouvel essor aux lasagnes à la viande de cheval ? Qui sait ?
Et enfin, pour clore momentanément le chapitre, je dirai que je donnerai volontiers mon puits de gaz de schiste contre un cheval. Mieux vaut un peu d'électricité au bio-gaz que beaucoup d'électricité nucléaire. Et en plus on peu continuer à manger du beefteak !