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Débat sur l’islam, une gageure ?

2 Mars 2011 , Rédigé par C

 

Rappelons que le port du foulard islamique a été, voici quelques mois, un problème dans nos collèges et lycées, et que si les enseignants et responsables politiques ont réagi devant ce que nous considérons comme une atteinte à la laïcité c’est parce que la France est un des rares pays laïques au monde. Dans de grandes démocraties le président jure fidélité à son pays, la main sur la bible, dans d’autres moins démocratiques c’est sur le Coran, pas en France !

 

La religion chrétienne, depuis la Loi de 1905 âprement débattue par des hommes politiques dans l’enceinte de l’assemblée nationale (étaient-ils plus courageux, plus compétents, plus politiques que ceux de maintenant ?), a accepté la laïcité alors qu’elle y était farouchement opposée ; mais l’islam, qui est une religion dont l’introduction est récente en France, qui est devenue la seconde religion par le nombre et qui semble être de plus en plus pratiquée ou, pour le moins, de plus en plus « visible », a une partie de ses fidèles qui multiplie les confrontations  avec la laïcité.

 

Depuis quelques années et avec la crise, certains musulmans se sont tournés vers la religion pour trouver les réponses que ne leur fournissait pas la république laïque.

 

Le problème de la laïcité a été posé par de jeunes musulmanes qui ont voulu montrer leur attachement à l’islam en venant voilées dans les établissements scolaires ; il s’agissait d’une attitude militante et le danger est apparu assez vite aux hommes politiques qui ont voté la loi sur le voile en 2010. Il faudra attendre avril 2011 pour que le texte entre en vigueur (ce temps ayant été mis à profit pour expliquer, laisser tomber l’émotion provoquée par un débat compliqué et faire comprendre qu’il ne s’agissait pas de « stigmatiser » une religion mais, simplement de faire respecter la laïcité inscrite dans notre constitution). Elles y étaient, peut-être, encouragées par un discours intégriste mais qu’importe, le fait était là, le trouble à l’ordre public pouvant s’aggraver et justifiant qu’une solution soit rapidement trouvée. Le but étant de soumettre la vie publique et l’Etat à la religion ! Cela ne se peut car, apparemment, les lectures du Coran font qu’il n’y a pas compatibilité évidente entre le respect de la doctrine et celui des lois républicaines.

 

D’autres manifestations d’opposition, d’autres revendications souvent acceptées à l’hôpital, à la piscine, à la cantine scolaire ou militaire font que la pratique de l’islam, dans ces conditions, pose un réel problème et que étudier son impact dans la société hors des passions partisanes devient une gageure et que l’invective vole bas (Ce débat viserait, selon Mme Eva Joly « à faire plaisir aux racistes !)

La campagne électorale s’annonce bien et les formules à l’emporte-pièce bien insuffisantes pour arriver à une solution sereine et acceptée par la majorité du corps social.

 

Si les vagues migratoires qui touchèrent la France furent italiennes, espagnoles, polonaises…la religion était la même et l’intégration ne butait pas sur l’obstacle de la religion mais, pour les musulmans maghrébins et d’Afrique subsaharienne, la France est le pays colonisateur qui a dominé et qui a nié la religion autochtone (en Algérie il ne fallait pas être musulman pour obtenir la citoyenneté française). Ainsi, se référer à l’islam c’était déjà résister mais maintenant que les nouvelles générations n’ont, semble t-il, pas assimilé la notion de neutralité de l’état en matière de religion, une explication s’impose.

 

Si le retour au pays a pu bercer, un moment, ces populations déplacées (harkis par exemple…) et berner, pendant le même temps les hommes politiques de droite comme de gauche, il faut se rendre à l’évidence, les jeunes de la troisième génération sont français et il ne faudrait pas que, faute de connaître et de comprendre l’importance de la laïcité, on se retrouve face à une population qui se présenterai comme n’étant pas algérienne, pas africaine, voire pas française mais musulmane !!!

 

Les jeunes musulmans hésitent entre deux possibilités, une pratique laïque de leur religion c’est-à-dire réservée et contenue dans la sphère privée et un communautarisme ethnique !

Ce second choix met en danger l’équilibre de notre pays car la réislamisation des couches jeunes de la population se fait dans l’acculturation entretenue par des prêches partisans s’appuyant sur le fait que la lecture du Coran est diverse et qu’elle prête à autant d’interprétations que de lecteurs. (Pour s’en rendre compte il suffit de comparer les propos du grand mufti de Marseille, ou de Paris et de les comparer avec les prêches d’intégristes patentés.)

Je crois que l’état laïque peut résoudre les problèmes posés par l’intégration de populations déçues par la panne de l’ascenseur social, par la perpétuation du racisme, par la difficulté à se faire reconnaître comme Français à part entière, par les ghettos des banlieues sensibles, en instaurant un dialogue avec un islam institutionnalisé répondant à des exigences républicaines et laïques et pour cela il faut un débat large, mené non par un parti politique mais par des historiens, des géographes, des hommes politiques de tous bords et les corps associés que sont les syndicats et les associations.

La laïcité ne remplit pas l’imaginaire ; les peuples ont besoin des religions pour combler un vide et les revendications politico-religieuses deviennent cruciales pour le vivre ensemble avec l’émergence des mouvements populistes en Europe et la montée du Front National en France marquant les peurs et le rejet des populations des pays d’accueil. Le débat doit mettre en avant l’intégration de la jeunesse musulmane ou d’origine musulmane. Les partis politiques doivent s’engager sur l’égalité sociale et politique mais aussi doivent réaffirmer que les religions ne doivent pas être financées par l’argent public et que, par exemple, la construction de mosquées est de la responsabilité des pratiquants et aucune dérogation ne peut être acceptée. Certains élus se rendent coupables de manœuvres détournées pour faciliter ces constructions en « offrant » des terrains, cela ne me semble pas être une bonne idée et peut créer des précédents qui sont un risque de dévoiement de la loi de 1905.

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