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Des dépenses ? En veux-tu, en voilà !

3 Décembre 2011 , Rédigé par C

2 ou 300 millions d’euros pour un déplacement du Président de la République en campagne électorale est roupie de sansonnet à côté des dépenses annuelles sans contrôle démocratique. Pour contrôler les dépenses de campagne des candidats, il existe une commission de contrôle indépendante – plus indépendante que le Conseil Constitutionnel sous la présidence de M.Dumas ? – et pour les dépenses publiques il y a la Cour des Comptes qui dénonce, en pure perte et tous les ans, les gaspillages de l’argent public. Ces institutions ne me semblent pas jouer le rôle qui leur échoit par ce qu’elles représentent. Parmi ces dépenses, voici quelques exemples, qui, en temps de crise, et au moment où le président ne cesse de raboter les avancées sociales obtenues par le combat syndical, donnent un aperçu du gaspillage et motivent l’indignation.

 

15 milliards : pour regrouper les Universités françaises en pôles qui devaient, d’après Mme Pécresse, concurrencer les grandes universités étrangères et qui, cinq ans après, ne sont que des coquilles vides (Cour des Comptes).

 

160 millions : c’est la réserve parlementaire distribuée pour  100 millions aux députés et 60 au sénat dont 20 à la discrétion du président du Sénat, au président de la commission des Finances et au rapporteur général ; en toute opacité quant à leur emploi. Là, on ne parle pas de réduire de 10% le salaire de nos élus, il s’agit juste de leur faire remarquer qu’ils sont les mieux placés pour faire cesser ces pratiques.

 

10 millions : c’est le coût approximatif d’une vingtaine d’ambassades thématiques qui servent à reclasser les ministres sans portefeuille, les députés sans circonscription…Chirac, vous le voyez n’est pas resté inactif, pendant son mandat, comme certains voudraient le faire croire.

 

133 millions : c’est, d’après le budget de l’Elysée, ce qu’auraient coûté les sondages pour la présidence  en 2010.

20,02 millions : c’est la dépense de Matignon pour les mêmes raisons. On a parlé, dans la presse de ces dépenses qui ne respectent pas le code des marchés, les règles des appels d’offres et de ces  deux ministres importants du gouvernement Fillon 4 qui ne respectent pas la loi, menacés qu’ils sont « d’importants risques de contentieux, voire pénaux ».

 

600 millions : pour les AAI. Ce sont des autorités administratives indépendantes  agissant au nom de l’état sans relever d’aucune autorité élue et qui distribuent de plantureuses rémunérations à leurs membres. La CNIL, le CSA, la HALDE… pour l’exemple.

 

750 millions  pour numériser l’ensemble du patrimoine culturel national, 145 pour le Centre National de la Musique, 95 pour la création musicale de l’ère numérique et, cerise sur le gâteau, le ministre relance la Carte Musique pour les jeunes en panne, pour un million dans une campagne publicitaire. Frédéric Mitterand ne connaît pas la crise.

 

La lecture du rapport de la Cour des Comptes est difficile mais très instructive. L’Etat donne l’exemple de la dépense irresponsable, du laisser-aller, des choix douteux et mégalomaniaques mais fustige toujours les mêmes dépenses utiles comme celles qui consistent à payer les salaires de ses fonctionnaires qui sont au service de l’intérêt général dans l’enseignement, l’hôpital, la police, la justice et les administrations nécessaires au bon fonctionnement d’un état de droit.

Les régions ne sont pas en reste pour faire des dépenses somptuaires et inutiles.

La lecture d’un dossier de l’hebdomadaire Marianne de cette semaine, vous donnera d’autres infos. Il commence par « On a échappé au pire : un projet de 72 millions pour recouvrir la tour Eiffel de plantes vertes ! » Où l’on voit que les dépenses de prestige ne sont pas perdues pour tout le monde et que le ridicule ne tue pas.

 

La morale de l’histoire, c’est que rien dans tout cela n’est illégal, ce qui prouve, s’il était besoin, que les réseaux installés pendant plusieurs mandats, avec plusieurs fonctions électives favorisent de grands projets coûteux qui sont souvent,- vous avez dit toujours ? -  de la propagande électorale.

 

PS : un bon point pour le président de la Communauté Urbaine du Grand Nancy qui refuse le diktat de l’UEFA qui exigeait une rénovation du stade de Nancy qui aurait coûté 82 millions d’euros pour accueillir l’Euro de football 2016. L’exemple de la Grèce pour les JO et du Portugal pour l’Euro 2004 qui paient encore  les dépenses inutiles qui ne servent plus une fois la compétition terminée a été salutaire. Bravo M.Rossinot.  

 

Le ministre des Sports David Douillet a estimé dans un communiqué que "le retrait du stade de Nancy n'affecte en rien l'organisation de l'Euro 2016 en France". "Il était prévu initialement que 9 stades accueillent les matches. Ce nombre avait été augmenté à 11 en juin dernier. 10 stades sont donc suffisants pour accueillir l’ensemble du tournoi".

Ouf, on respire, l’Euro aura bien lieu ! Bouygues et Vinci, trop gourmands à Nancy pourront se rattraper sur les 10 stades restants !!!

 

CARTON ROUGE : Le gouvernement souhaite baisser les indemnités maladies pour les salaires supérieurs à 1,8 fois le SMIC, soit 2 500 euros bruts. C'est une économie, pour l'état, de 150 millions d'euros !!! Il n'y a pas de petites économies.

 

 

 

 

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