Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Deux bonnes nouvelles pour une nouvelle année...

2 Janvier 2011 , Rédigé par C

Je viens de lire, les « sept bonnes nouvelles pour une nouvelle année » que le magazine Télerama a demandé à six femmes qui écrivent ; six femmes et un homme.

Le chapeau de l’exercice est le suivant « Il faut savoir donner. C’est le secret du bonheur, disait Anatole France."

 

 Pour fêter l’entrée de l’année 2011, Télérama a proposé à sept auteurs d’imaginer un texte sur le thème du don.  Nous voici avertis ; sous le parrainage d’Anatole France  cinq auteurs accouchent de cinq pensums, cinq fadaises !

 

C’est l’occasion, pour moi, de rappeler que celui qui disait déjà voici un siècle « on croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels » était un prix Nobel de littérature, académicien, philosophe, un sage et un humoriste, qu’il maniait la langue avec esprit et qu’il était un homme de grande culture. Je fis de nombreux emprunts à ses œuvres dans la pratique de mon métier d’enseignant.

 

Sur Google, lorsque je demandais, sur Wikipédia, Chantal Thomas, le premier auteur de la première nouvelle, je tombais sur le bandeau publicitaire suivant : « grâce au travail de Lila et de milliers de bénévoles, Wikipédia est toujours là quand vous en avez besoin. Aujourd’hui c’est Wikipédia qui a besoin de vous : Faites un don ! » Cela ne manque pas de sel !

 

Pour commencer ce « florilège » de nouvelles, Chantal Thomas nous emmène dans l’univers d’Elisa, petite fille insatisfaite puis femme joyeuse qui utilise beaucoup l’adjectif passionnant et qui va s’éclater à Nice pour ses trente ans. Là, horreur, elle est interpellée par un SDF (si, si) qui ne va pas la violer mais qui lui offre, de force, un bouquet de fleurs ! La Baie des Anges étincelle, Chantal Thomas a rencontré un SDF qui ne viole pas, pis, il fait des cadeaux et le lecteur floué se pince pour être sûr qu’il ne rêve pas.

 

Je m’empresse de tourner la page et d’oublier madame Thomas pour me consoler avec Christine Angot, « reine de la controverse qui puise les thèmes de son œuvre dans sa propre vie" et avec qui j'ai rendez-vous* ! » Lisez « La carte chance » et vous saurez, ce que cette brave dame emporte dans son sac à main, qu’elle joue au Monopoly avec des enfants et vous n’aurez pas besoin de regarder votre Petit Larousse page 352 pour tout savoir sur le mot « don » !

 

Alors, pensais-je, il en reste cinq (je parlais des nouvelles) y en aura-t-il une pour rattraper l’autre ? Je passe donc à la troisième écrite par Agnès Desarthe qui fait des trilles ; est-ce « tirliou-tiluu » ou « vriteliiiou-zillu » ? Sa cabane est équipée de la Wi-Fi mais j’ai la désagréable impression qu’elle écrit dans son lit avec des rondelles de concombre sur les yeux. Une nouvelle sans importance dans la nuit brune** !

 

Puisque la lecture de la troisième ne nous a pas trop pris de temps à l’inverse de nous avoir pris la tête, je passe à la quatrième nouvelle, celle de Marie Nimier. Nous pouvons la passer sous silence et renvoyer la reine du silence*** relire son prix Médicis 2004.

 

Six ans après, Maylis de Kerangal décrochait le Médicis mais pas avec « seize bottes jusqu'au sommet », la nouvelle qu’elle a écrite à notre intention. Pour faire court, je conseillerai de tourner la page et d’enterrer cette nouvelle

sans fleurs ni couronnes****.

 

Mathias Enard va-t-il rehausser le niveau et nous rendre la lecture plus digeste ? Solidarité masculine, peut-être, en tous les cas, la seule qui vaut la peine d’être lue jusqu’au bout. Pas surprenant que les lycéens lui aient décerné le Goncourt *****! Un peu de poésie au milieu de ces nouvelles insipides et inutiles…

 

 Que font les rennes après noël****** ?  Ils lisent « Le groin des cochons est l’avenir de l’homme » d’Olivia Rosenthal. Et moi aussi ! J’ai adoré l’humour décapant de ce texte, le seul qui mérite le titre de nouvelle. Notre société qui fabrique des pseudo auteurs comme les truies des petits gorets n’a pas fini de fournir de la matière aux auteurs qui ne regardent par leur nombril comme le centre du Monde ! J’ai connu Télérama mieux inspiré et aussi des écrivains amateurs plus intéressants à lire.

 

 

*Rendez-vous (C Angot, Flammarion)

**Dans la nuit brune (A.Desarthe, L'Olivier)

***La reine du silence (M.Nimier, Gallimard, Prix Médicis 2010)

**** Ni fleurs ni couronnes (M de Kerangal, Verticales)

*****Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (M.Enard, Goncourt des Lycéens, Actes SUD)

****** Que font les rennes après noël ? (O,Rosenthal, Verticales) 

CL

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article