Discours irréconciliables et tabou sacré !
Deux discours irréconciliables et un tabou transversal. Ce sont les conditions idéales pour que nous continuions à nous enfoncer dans la récession et aggravions l’appauvrissement du pays.
A droite comme à gauche, les deux partis traditionnels responsables de la situation économique, politique et sociale de plus en plus dégradée font des analyses opposées et irréconciliables. A gauche, pour une social-démocratie qui a échoué partout en Europe, la responsable c’est la crise du néolibéralisme –avatar du capitalisme- et la solution serait le tout état et l’empilement, sans précaution, de normes, de règles, de législations qui compliquent tout quand elles ne se contredisent pas. A droite, c’est la crise de l’état, le coût et la durée du travail, le « cancer des aides sociales », l’inopportun système social français.
Mais ce qui réunit les deux, ce que l’on pourrait appeler la permanence transversale commune aux partis de pouvoir, ce sont le clientélisme ravageur, principal responsable des « affaires », les réseaux qui bloquent le renouvellement des élites et les lobbys. La gent politique ne peut plus cacher ses travers et ne s’embarrasse pas de préjugés ou d’une quelconque éthique pour profiter, toujours plus, de sa position dominante et se partager le gâteau. Ce n’est pas le dernier Gjenesaiscombien sur l’emploi des jeunes qui nous fera changer d’avis. L’homme politique a cédé la place aux experts et pourtant, dans l’esprit des législateurs qui ont créé des assemblées d’élus c’était dans le but qu’ils réfléchissent, travaillent et prennent des décisions ENSEMBLES. Ce qui n’est pas le cas des experts qui sont persuadés de détenir chacun la vérité, qui n’ont vu venir aucune des crises de ces dernières années et qui sont infoutus de reconnaître leurs erreurs ! Les capitaines d’industries ont cédé la place aux financiers et ont sacrifié le développement industriel, le petit commerce, l’artisanat pour profiter vite des bénéfices d’activités à court terme. (Le développement, en France particulièrement, des grandes surfaces commerciales ont défiguré nos entrées de ville mais multiplié les ronds-points et condamné les petites et moyennes entreprises et les offres d’emploi locales).
Le résultat des actions de ces politiques qui « ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez » a conduit à une Europe qui se résume à augmenter, au profit de quelques-uns, un marché qui nécessite comme les vierges pour le Minautore, que régulièrement, un nouveau pays soit sacrifié pour calmer le monstre. Le dernier en date sera la Lettonie, dont on nous dit qu’elle réunit tous les critères d’adhésion - difficile de se foutre plus du monde et surtout des Lettons qui n’ont pas été consultés et qui ne seraient, selon les sondages et nous savons la valeur qu’il faut leur accorder, 38% à être pour leur rattachement à l’Union - qui subira le même sort que la Grèce ou le Portugal.
Ces discours irréconciliables justifient que l’on soit contre les tentatives de gouvernements d’union nationale surtout quand on observe les comportements de chacun dans chacune des formations politiques qu’ils voudraient nous faire prendre pour le meilleur exercice démocratique et qui n’est, à mon sens, qu’une lutte fratricide pour le pouvoir, pour le pouvoir ! Le tabou des privilèges que donnent aux élus de tous bords et à tous les échelons n’est pas prêt d’être levé, c’est la seule chose qu’ils partagent avec, pour chacun, de bons arguments pourvu qu’ils servent leur cause.
Comme illustration de ce marasme politique, observez bien le prochain remaniement ministériel, je vous promets une franche rigolade !