DU LIBERALISME TRIOMPHANT OU DE LA FIN DES LIBERTES
Les représentants de la démocratie, pour ne parler que d’eux, décident-ils encore du destin des peuples qu’ils représentent? Poser la question est déjà, partiellement, y répondre.
J’ai choisi, aujourd’hui, à la veille des élections régionales qui verront plus d’un Français sur deux ne pas aller voter, de réfléchir sur ce paradoxe : voter pour choisir des représentants régionaux, d‘accord mais pour quoi faire?
Nos représentants nationaux, députés et sénateurs, députés européens, donnent le sentiment de ne plus être maîtres de notre destin. Ce ne sont pas les déclarations tonitruantes, les moulinets et les coups de menton d’un Président de la République, Don Quichotte de salon, brasseur d’air, qui changeront les choses.
Les dispositions qui sont prises dans les différentes assemblées législatives nous laissent, de plus en plus souvent, pantois. Les élus sont-ils libres?
Prenons les derniers rebondissements en Europe. En Grèce, un pays d’une richesse patrimoniale considérable, le pays des armateurs les plus riches, un pays qui est passé d’une grande pauvreté à une nation « individuellement » riche.
Au sujet de la Grèce, je vous livre cette citation d’un article du Monde qui peut aider à comprendre la situation :
[ « Pendant longtemps, la situation géopolitique de la Grèce, en bastion avancé de l'Occident face à un environnement communiste hostile, justifia déjà toutes les largesses extérieures, américaines au premier chef. Mais sans l'astuce, l'initiative et l'intelligence de la nation, la Grèce ne serait pas seulement sous perfusion permanente, mais sous-développée. Tout fut bon pour s'enrichir, et surtout ne pas contribuer au budget d'un Etat impuissant et vénal : construction et spéculation immobilière généralisées, développement touristique anarchique, spécialisations agricoles exacerbées, immigrations non contrôlées et exploitées. ]
Qui va payer les frais de tous ces débordements? Les fonctionnaires, les retraités, les Grecs les plus démunis. Qui a permis ces dérives, les a facilitées? Les banques, les subventions européennes, entre autres. Qui leur met la tête sous l’eau?
Les gouvernements actuels ont-ils la possibilité d’agir? Les élus sont-ils libres?
Qui décide des politiques économiques sinon le FMI, l’OMC, les spéculateurs, les fonds de pensions et les CDS * maintenant!
Dans les régions, les élus ont-ils encore le choix de leur politique?
Assurément, au moins en ce qui concerne les décisions qui nous intéressent directement et qui peuvent changer la vie : le social, les transports, les lycées, la culture!
Demain allons voter!
Christian Laurans
Un CDS (credit default swap) est une assurance par laquelle un établissement financier se protège du risque de défaut de paiement d’un crédit en payant une prime à un vendeur de protection. Dans le cas de la Grèce, l’Etat emprunte à des banques ( Goldman-sachs) pour ne pas la nommer et la banque en question se presse de titriser cette dette qu’elle transfère à un vendeur de protection contre le capital augmenté des intérêts. La banque a réalisé son bénéfice sans bouger le petit doigt, pardon, il a fallu un doigt pour cliquer sur la touche gauche de la souris! Ensuite, le libéralisme fou entre en lice: les agences de classement, toutes américaines et indépendantes, cela va de soi mais c’est mieux en le disant, notent les pays et, coïncidence, les pays qui ont le plus emprunté se retrouvent avec une note en baisse!!! La sanction est immédiate, ces pays, s’ils veulent continuer à emprunter doivent le faire à des taux de plus en plus élevés, récoltant donc, une note qui continue à baisser puisque leur dette s’envole et les taux aussi. Et donc, le vendeur de protection récupèrera le capital et les intérêts versés à la banque augmentés des nouveaux intérêts produits par les mauvaises notes des agences; merci le CDS! Il reste que l’Etat endetté, après avoir servi de vache à lait, tombe sous les fourches caudines du FMI qui n’a toujours pas trouvé de meilleure solution que de lui imposer une cure d’amaigrissement en l’obligeant à un budget de rigueur.
La boucle est bouclée. Les CDS représentaient en 2008 un marché de 60 000 milliards, il était de 6 000 milliards en 2004; nous voyons par là que pour les CDS tout va pour le mieux! Une bulle de plus, gare à son éclatement, car nous savons que les bulles sont faites pour exploser ( voir les supprimes) et le comble sera atteint quand les Etats devront sauver les banques malades des CDS!!!
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