Et vint le G20, le G vain !
Le contrôle politique du système financier est la mesure qu'il faudrait prendre le plus rapidement possible. Cela rejoint l'exigence de Mélanchon, de Hollande rallié aux thèses de Montebourg, tout au moins dans sa réponse aux questions de ce dernier posées entre les deux tours des primaires, d'interdire aux banques des pratiques de marché sans lien direct avec l'économie réelle et complices d'évasions fiscales par le biais de filiales installées dans les paradis fiscaux.
Or que nous montrent les "G20" consécutifs ou autres réunions avec plus ou moins d'états participants ? C'est qu'ils n'ont aucune détermination à changer les choses.
Les rodomontades et les effets de manche d'un président qui a proclamé qu'il allait mettre les paradis fiscaux hors-la-loi ne suffisent pas. Le nombre de soi-disant décisions qui devaient changer le monde qui n'ont jamais été prises ou appliquées font florès dans le cercle très fermé des GMachins.
On sait déjà que la taxe sur les transactions financières ne verra pas le jour puisque les ministres des finances du G20 l'ont rejetée massivement. Américains, Brésiliens, Canadiens, Japonais, Indiens se sont prononcés contre cette initiative de la France. La Grande-Bretagne, dont l'hypocrisie n' a pas de borne, se prononce pour la taxe si elle est globale.
Fi de ces G20 postiches éculés, ressassés, vulgaires et faisons que la taxe voie le jour dans la zone euro puisque l'Allemagne semble d'accord, si l'on en croit son ministre des finances, W.Schäuble. Ce que nous attendons ce n'est pas que nos impôts servent à re capitaliser des banques qui continuent à ne pas se comporter d'une façon responsable. Les agences de notation mettent sous surveillance des banques françaises comme le Crédit Agricole, la BNP, la Société Générale qu'on nous disait avoir passé sans encombre le stress-test pour ne pas parler du démantèlement de la banque Dexia et de la garantie de 33 milliards de l'état français. D'aucuns disent que la recapitalisation ne signifie pas une injection de fonds propres par les états car les banques concernées ont toute capacité à se re capitaliser pour autant qu'on leur laisse vendre des actifs non stratégiques. Je pense, moi, qu'il faut cesser de nous menacer sans cesse sur le danger de voir les banques, où nous avons placé nos petites économies, faire faillite dans le but de nous faire tenir tranquille et marcher droit. De grâce, les banques et les "banquiers" sont plus du côté de Buffet que de "l'autre", ils n'ont besoin ni de notre sollicitude ni de celle de l'état ; ils ont juste besoin d'un peu de déontologie, d'éthique dit-on aujourd'hui. Malheureusement seul mon chien en a, en ce jour !
Imagine !!! Ce sont le Canada et l'Inde qui préparent "un plan d'action ambitieux" dixit Mr Baroin, qui sera adopté par le G20. Procédé démocratique spécieux quand on sait les positions de ces deux pays sur la finance mondiale. Je ne sais si cela "restaurera la confiance" comme l'a souligné Mr Baroin mais cela ne fera pas avancer d'un pouce celle que je mets dans les gouvernants de la France et dans les responsables des 19 autres pays. On est loin d'une gouvernance européenne et loin de la coupe aux lèvres.
Je propose que ce G20 mette en place les décisions prises en juillet et qui ne sont toujours pas appliquées, trois mois après.
J'ai presque honte de vous les énumérer comme elles figurent sur le site du gouvernement français, France Diplomatie :
- réformer le système monétaire international !
- renforcer la régulation financière !!
- lutter contre la volatilité des prix des matières premières !!!
- soutenir l'emploi et renforcer la dimension sociale de la mondialisation !!!!
- lutter contre la corruption !!!!!
- agir pour le développement !!!!!!
et, bien sûr, "la Présidence française veillera à la mise en œuvre effective des règles décidées par le G20 de Cannes !!!!!!!
Ayez ceci en mémoire quand vous verrez nos 20 "grands" poser sur les marches du palais des festivals à Cannes en novembre ou à Bruxelles aux calendes, ou ailleurs cela a-t-il tant d'importance !.
Les sommets, comme certaines montagnes, n'accouchent que de souris.
Les G20 sont comme ces jeux de société où chaque joueur fait avancer son pion en s'imaginant qu'il joue avec les autres et qui bute, parfois, sur l'obstacle d'un autre pion placé devant lui et qui n'avance pas à la même vitesse. Au G20 chaque participant essaie de faire avancer ses pions, chacun poursuit sa propre idée qu'il pense le conduire à la victoire. Souvent cette victoire est sa réélection ou son maintien dans le poste. Comme aux petits chevaux ou au monopoly, il n'est pas nécessaire de s'occuper des autres mais, juste d'aller plus vite, plus loin, plus riche.
Warren Buffet qui s'y entend en terme de jeu de dupes, pardon de sociétéS, a dit un jour : nous faisons la guerre et c'est nous, les riches, qui la gagnons ! Ton indécence, mon très cher Warren, is no limit !