Fiction : 10 présidents en quête de quinquennat IV et V (Fin)
IV
Résumé des chapitres précédents. Les Présidentes et les Présidents élus avec le même nombre de voix se retrouvent face à eux dans la salle à manger du palais de l’Élysée. Ils finissent leur premier repas pris ensemble quand on vient les avertir que la Présidente E a été trouvée morte dans les jardins de l’Élysée, un brin d’if dans la bouche.
C’est le Président B qui connaît le mieux les lieux qui arrive le premier. La police, les spécialistes de la police scientifique empaquetés dans leur combinaison blanche, le visage protégé par des masques de chirurgiens sont penchés sur un corps qu’ils observent et fouillent les environs immédiats pour trouver des indices. Une large bande de plastique délimite un périmètre de sécurité en deçà duquel personne d’étranger ne peut pénétrer.
Le Président B :Laissez-moi passer !
Le flic d’une voix rogue : Il n’en est pas question !
Le Président B : Mais vous savez à qui vous parlez ? Je suis le Président !
Le flic : Un dixième…Pardon, un neuvième de Président ! Peanuts quoi !
Les Autres Présidents : Nous aussi, nous aussi, on veut voir.
Le Président B : Faites venir Guéant ! En dix minutes il vous serre l’immigré qui a fait ça.
La Présidente H : L’immigré musulman !
Le Président C : Oh ! Collègue, tu oublies que Guéant bosse à la sécurité chez Dassault et que le nouveau ministre de l’intérieur n’a pas encore été nommé. Et Coppée l'a dit haut et fort :
"Il faut quatre homme pour faire une salade : un prodigue pour l'huile, un avare pour le vinaigre, un sage pour le sel et un fou pour le poivre !"
Le Président B : Coppé ! Il a dit ça Coppé ?
Le Président C : Pas Coppé l'illétré de l'UMP ! François Coppée, le poète des Humbles, le peintre du petit peuple ! Le Président B : Comme moi je suis le président du peuple !
Le Président C : Pffuit, le petit peuple ne se reconnait pas dans le représentant des riches !
Le Président A : Oh, oh, vous pouvez pas arrêter un peu. On ne pourrait pas avoir un dialogue NORMAL ! Moi, je propose Manuel Valls.
La Présidente H : Pas si vite, la candidate du peuple c'est moi et moi, je vois bien mon compagnon à ce poste…
Le Président D : Ju…Ju..ppé serait parfait…
Le Président I : Chevènement ! Chevènement ! Che…
La Présidente G : Personne ! Oui, personne. Ouvriers, employés, travailleurs, travailleuses supprimons le ministre de la répression, à bas les contrôles au faciès, les charges de manifestants, les infractions au code de la route…
Tous ensemble : Non, pas le code, pas le code.
Le Président F, tristounet à un policier en faction : Comment est-ce arrivé ? Je ne vois pas d’escalier. Avait-elle ses lunettes vertes ou les rouges ? Ne me dites pas que c’est un suicide, pire…Un meurtre !
Le policier excédé : Monsieur le Président, nous en sommes aux premières constatations, nous ne pouvons rien dire ni rien écarter.
Le Président F : La pauvre, et ses asperges qui refroidissent…
Le Président I : C’est elle qui refroidit pour l’instant. Enfin nous voilà neuf, nous y voyons un peu plus clair.
Le Président C : "Oh ! N'insultez jamais une femme qui tombe !
Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe !" a dit Victor Hugo.
Le Président B : Et l’écologie n’a pas besoin d’être représenté, c’est accessoire. Elle représentait tout un courant politique étrange qui considère que le gêneur sur la terre, c’est l’homme. Il faut bien qu’on se nourrisse, qu’on aille travailler. J'ai conscience que l'aspect tatillon de certains règlements administratifs vous insupporte. Je prends l'exemple des règles environnementales, la question de l'eau, la protection de l'eau. Naturellement, il faut protéger l’environnement, mais il faut relâcher la pression. La préservation de l’environnement ce n’est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit.
Le Président J : Vous vous croyez devant le congrès des chasseurs, ma parole.
Le Président B : Oh, toi, va voir sur Mars si j’y suis !
Le Président I : Toujours aussi courtois. Pauvre France.
Le Commissaire Mégron : Messieurs, un peu de tenue et veillez à nous laisser faire notre travail au lieu de vous chamailler comme des députés le jour de la séance des questions au gouvernement au palais Bourbon.
Le Président I : Un Bourbon pour tout le monde. Ça va nous faire du bien, nous en avons tous besoin.
Et la petite troupe trottinant rebroussa chemin vers les salons de l’Élysée.
Le salon des Ambassadeurs. Sur la cheminée repose une pendule en bronze ciselé et doré qui reprend le thème de la chute de Phaéton (le héros projeté hors de son char, tombe du ciel entraînant ses quatre chevaux au milieu des nuées et éclairs). Cette pendule, dont le mouvement est dû à Romain, présente la rare particularité de comporter 24 chiffres, d'indiquer les mois, les lunaisons et la position des signes du Zodiaque. Le cadran peint par Dubuisson représente le ciel étoilé. Semblable à celui du Salon des Aides-de-Camp, l'ensemble des sièges de ce salon, garnis de lampas bleu et crème, ont pour motif les quatre parties du Monde
Le Président B fait les honneurs du salon. Il propose un cigare. Seule la Présidente G en accepte un. Quelques voix s’élèvent mais les volutes de fumée âcre et épaisse montent déjà vers les ors du plafond.
Le Président C :Pardon mais l’écologie a toute sa place dans mon projet et à l’avenir et je ne fais pas, comme l’a dit la petite Duflot, une politique dans le rétroviseur. Je réitère ma proposition de planification écologique. L’humanité est entrée en état d’urgence écologique. Notre système économique et notre mode de vie consomment l’équivalent de trois planètes aussi je compte bien réactiver la proposition de loi proposée par mes amis le 21 octobre 2009 et restée lettre morte grâce à vous tous ! Je ne me laisserai pas faire ! Et Total sera mis à contribution ! L’avenir est à la planification à la française, je serai inflexible ! L’avenir c’est pas le gaz de schiste de Borloo, le pétrole de Sarko ou le nucléaire de Hollande !
Le Président A : Tu as fini ? Non parce que il faut que tu comprennes qu’on est neuf à décider. D’ailleurs je propose, car il faut bien avancer, que nous prenions les décisions à la majorité consolidée. J’entends par là, les deux tiers des voix plus une.
Le Président J : Qui est d’accord ?
La Présidente H : on n'a qu’à voter !
Ensemble : Votons.
Le Président A : Qui est d’accord ?
Ils votent.
Six voix. Il manque une voix ! Je repose la question : Qui est d’accord pour que toute décision soit prise par les deux tiers des voix plus une ?
Cinq voix. Il manque deux voix.
Ils se regardent et prennent conscience de la difficulté de gouverner ensemble.
Le Président D qui en a fait son fonds de commerce : Mesdames, messieurs, qui est pour que toute décision soit prise à la majorité simple, c’est-à-dire la moitié des voix plus une ? Votons !
Le Président J : Cela ne se peut. La moitié de 9 ne se peut calculer.
Le Président B : Benêt ! La moitié des voix plus une, ça fait la moitié de 9+1 et je retiens un, cela fait, voyons, cela fait 5 !!!
La Présidente H : Comme d’habitude Monsieur s’arrange avec les chiffres. Il est vrai qu’il s’est entraîné pendant cinq ans avec ceux du chômage !
Le Président B : Est-ce que quelqu'un peut la faire taire !
La Présidente H : Celui qui me fera taire n'est pas encore né, espèce de nain !
Le Président J : Chassez le naturel, il revient au galop ! Ils en étaient là de leur dispute quand, surgissant comme le courrier grec à Marathon, un huissier échevelé, queue de pie à l'horizontale, bégaya : " On vient de transporter Mme La Présidente G vient d'être transportée à l'hôpital du Val de Grâce. Elle a accouché de triplés dans l'ambulance! "
Ils se retournent tous et s’aperçoivent de l’absence de la Présidente.
Ensemble : Des triplés !!!
Le Président I : C'est qui le père ?
Ensemble : Qu’est-ce que ça peut vous faire !
Le Président I : La France a le droit de savoir !
Le Président F, d’une petite voix : la France, elle s’en fout !
Tous se tournent vers lui qui se fait tout petit et qui dit : « C’est peut être une FIV ? Qui sait ! »
La Présidente H : C’est un scandale ! Moi je suis pour la suppression de l’IVG de confort !
Le président J : Mais Mâdâââme vous mélangez tout, ça n’a rien a voir, la FIV est …
La Présidente H : Oh le vieux tais-toi, je sais ce que je dis. Il ya, en France 500 000 IVG de confort par an en France…
220 000 !
La Présidente H : 500 000 ! J’ai là le chiffre de l’INSEE…
Le Président F, reprenant des couleurs : Tu sais où tu peux te le mettre ton chiffre de l’INSEE ? Chez Ford on sait ce que les chiffres veulent dire. Un milliard et demi de dollars de bénéfices par trimestre et 338 licenciements…Voilà les chiffres !
Le Président J : Je ne vois pas le rapport entre l’iVG et Ford !
Ensemble : Toi, on t’a déjà dit d’aller voir sur Mars si on y est !
Le Président J : Je sais que je n’aurais jamais dû me présenter ! D’ailleurs je croyais n’avoir aucune chance d’être élu. Je vous donne ma démission ! Ariane décolle dans quelques heures, j’ai juste le temps d’y aller !
Le Président B :Et de trois ! Nous voilà plus que 6 !!! S’il y en a qui sont tentés qu’ils le disent tout de suite.
Il regarde tous les candidats présents et se rend compte qu’il en manque un. Mais nous ne sommes plus que 5 !!!
Ils se comptent :UN…DEUX…TROIS…QUATRE….CINQ !
C’est le Président F ! C’est le Président F !
Le Président C :Je savais qu’il était le père mais, mes amis : « Victor Hugo ne disait-il pas, dans sa grande sagesse que lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris ? »
Le Président D : Hé bien applaudissons et laissons-leur les cris ! Ils ont de quoi s’occuper, voilà toute l’extrême gauche décapitée !
V
Résumé des chapitres précédents : Les Présidents, à la fin de la journée, se comptent. Les péripéties de cette première journée de mandat ont contribué à réduire la décade. La présidente E, la Présidente G, le Président F et le Président J, pour de bonnes raisons, sont sortis du jeu.
Le Président I : Pardon de vous interrompre mais, si nous ne sommes que 5, il en manque encore un à l’appel.
Le Président A : C’est le Président D ! Il s’est vexé de ne pas être le seul élu. Nous le retrouverons en 2017 ! Il ne peut accepter que nous soyons là, lui qui ne veut ni droite, ni gauche. Il nous a assommés pendant la campagne avec ses sempiternelles leçons de morale ; et je suis le premier à avoir parlé de la dette ; et je suis le seul à dire la vérité aux Français ; et sans Europe, sans union politique et sans démocratie, la marche du monde devient une fatalité sur laquelle les peuples de notre continent auront perdu le pouvoir de peser ; et un pays uni et rien ne lui résiste ; et j’affirme que le sujet principal de cette élection est le peuple français ; et patati et patata…
Le Président C : « Les gens qui ont peu d’affaires sont de très grands parleurs : moins on pense, plus on parle. »
Le Président B : Pierre Dac !
Le Président C : Montesquieu !
Le Président B : Ah, oui !
Le Président B : Je crois qu’il serait raisonnable d’aller se coucher, demain nous avons une rude journée.
Tous se lèvent et rejoignent leur chambre où les attendent leur conjoint.
Dans la chambre du Président B. L’épouse du Président se précipite dans ses bras. Elle lui essuie le front avec un coin de son foulard Hermès.
- Mon amoureux ! Quelle rude journée ! Tu les as explosés !
- Mon amoureuse ! Je crois que je ne m’y ferais pas. Je ne vais pas les supporter longtemps. Pas plus de deux jours encore ! Mais, patience, il y en a déjà plus de la moitié d’éliminés.
- Bravo, bravo mon amoureux, dit-elle en frappant dans ses petites mains délicates.
- C’est pas ce que tu crois ! Je crois que je vais me casser.
- Non ! Ne fais pas ça.
- Oui, mais alors aide-moi, aide-moi !
- Qu’est ce que je peux faire, mon amoureux ? Tu veux que je chante ?
- Non, non, surtout pas. Je veux que tu me trouves un job parmi tes relations. J’ai appelé pendant une heure Proglio, Dassault, Boloré…Personne répond ! Je tombe tout de suite sur leur messagerie. J’ai essayé Henri, Frédéric, Patrick, Éric, ils sont tous Rue Solférino à faire antichambre et ils ne veulent pas bouger de peur de manquer un poste. Ya que Christian qui répond mais j’ai déjà donné, je préfère encore avoir Nadine au bout du fil ! Quant à FAdéla, Robert...Que des traîtres !!!
- Mais mon amoureux, tiens bon ! Tu ne vas pas baisser les bras maintenant que tu es élu alors que soyons clairs, tu n’avais aucune chance de passer et c’est pas ton bilan qui pouvait te sauver !
- Oh, mon amoureuse, tu es dure avec moi !
- Non mon amoureux je suis juste ! Je t’avais promis de rester avec toi si tu étais président. J’ai pris des habitudes. Et puis je me fais vieille, je n’ai plus l’attrait d’avant et notre mariage m’a grillée. Demain, je fais mes valises et je rentre chez maman au Cap Blanco.
- Non, pas ça, aide-moâââââ !
De la chambre 1 le Président A sort en robe de chambre jetée sur son pyjama à rayures ! Il toque à la porte de la chambre 9. Un silence. Toc et re toc. Silence de mort.
- DSA ! Nicolas ! Ouvre, c’est moi, François.
La porte s’entrouvre. Le Président I passe la tête et dit : Chut, on pourrait nous entendre ! Entre vite ! La porte se referme sur eux.
- Personne ne t’a vu entrer ?
- Non, je ne crois pas !
- Ah, bon. Alors qu’est ce qui t’amène ?
- Je viens te proposer un arrangement !
- De quelle sorte ?
- Tu es pour une France Libre ?
- Oui !
- Moi aussi.
- Tu es pour une république debout ?
- Moi aussi.
- Tu es pour baisser le prix de l’essence ?
- Oui !
- Moi aussi.
- Tu es contre les amalgames ?
- Oui !
- Moi aussi.
- Et bien ?
- Et bien, tu n’as aucune raison de rester puisque je pense tout comme toi !
- Mais moi aussi je pense comme moi !
- Oui, d’accord mais ça tu peux continuer à le faire dans ta mairie, tranquillement dans ton bureau ! Et puis tu es le mieux placé pour prendre la défense des animaux maltraités.
- Ah, tu crois ?
- Il faut voir ta prise de position courageuse sur la viande hallal !
- C’est vrai ? J’ai visité une ferme du côté de St Lô, le pauvre fermier, il était coincé entre le marteau et l’enclume !
- T’es sûr que c’était une ferme ou un club hippique ?
- Non, non, c’était une ferme car j’ai vu la même chose chez les pêcheurs.
- Tu vois que tu as du boulot devant toi et qui, mieux que toi peut s’occuper des marteaux et des enclumes ? Je te le demande !
- C’est vrai, laisse-moi réfléchir, je te donne ma réponse demain.
Une belle journée s’annonce. Le soleil se lève sur les jardins de l’Élysée recouverts de rosée. Les couloirs s’animent. Dans la salle à manger, les cafetières fument, les beurre fond.
Les Présidents arrivent et prennent place, tous à la même table où sont dressés quatre couverts.
Le Président A : Quatre ! Il n’y a que quatre tasses, quatre croissants, quatre biscottes. C’est la crise !
Le Président B : Un petit sourire aux lèvres : Hé, c’est aussi que nous devons compter un forfait de plus ! Il n’y a pas de petites économies ! La Dette, mes amis, la Dette !
La Présidente H : Tu peux parler ! 600 milliards en cinq ans, à qui la faute !
Le Président B : Tout le monde sait que c’est la faute à Mitterrand, à Jospin et aux 35 heures de Martine.
Le Président A : Ne recommencez pas, vous n’avez pas convaincu les Français et nous tous savons à quoi nous en tenir. Ce n’est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire des grimaces.
La Présidente H : La campagne est finie ! Passons aux choses sérieuses : on pourrait toujours faire une belote ! Voilà au moins un jeu qui n’a pas été inventé par les arabes ou les chinois.
Le Président C : Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer.
La Présidente H : C’est de Marx ?
Le Président C : Beaumarchais, madame !
Le Président B : Quand vous aurez fini, on pourra commencer.
Ensemble : A manger ?
Le Président A : Mangez si vous voulez mais il faut que nous trouvions un gouvernement pour la France.
Dans la salle qui a retrouvé son calme et où l’on n’entend plus que bruits de bouches et descente d’œsophage, une sonnerie de téléphone se fait entendre. Les mains s’affairent dans les poches puis, tous regardent le Président B c’est la musique de Chanson triste. Il décroche et s’excuse en se levant : C’est mon amoureuse.
- Oui ?
- …
- Moi aussi, mon amoureuse !
- …
- J’en ai pour douze !
- …
- C’est pas vrai ?
- …
- Si je suis libre de suite ? Bien sûr !
- …
- La direction d’une boite de nuit à Hyères ? Tu crois que…
- …
- Ah, bon ! Si tu le dis !
- …
- Mais alors la direction de EDGS ?
- …
- C’est Borloo qui l’a eue ! Putain mais c’était juste près de chez toi. On m’avait promis.
- …
- Ah, bon, le gaz de schiste c’est risqué … ces nuls de Varois sont en guerre, la boîte échangiste c’est plus sur. Tu me mens pas mon amoureuse ? Je serai obligé de laisser entrer DSK ?
- …
- Ah, tu me rassures. Bon, d’accord. A tout à l’heure mon amoureuse.
-…
- Moi aussi … Il raccroche et se tourne vers les trois qui n’ont pas perdu une miette de la conversation.
Il s’avance. – Je vous lâche, j’ai trouvé un boulot ! Je vais faire du fric ! Je vais pouvoir penser à moi !
Le Président C lui tourne le dos et s’adressant aux deux autres : Bon allez, pas d’attendrissement, occupons-nous de choses sérieuses.
La Présidente H : On peut savoir ce que vous appelez les choses sérieuses.
Le Président C : Parlons de votre élimination, pardi ! Ô nuit désastreuse ! Ô nuit effroyable où retentit tout à coup, comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame se meurt, Madame est morte !
La Présidente H : Vous n’aurez pas ce plaisir. D’ailleurs qui voudrait gouverner avec un mou et un communiste.
Le Président A qui s’apprêtait à partir : Qu’allez-vous faire ?
La Présidente H : Je retourne chez mon père, nous allons leur rendre la vie impossible ! Bonjour, messieurs les soviets !
Le Président C : Et les agonisants dans le fond des hospices
Poussaient leur dernier râle en hoquets inégaux.
Le Président A : Baudelaire !
Les autres ensembles : C’est pas vrai !
Le Président B : C’est Éric ! Il me dit toujours : quand le coco parle du père de la blonde, il l’envoie toujours à l’hospice. Et comme je lui demandais pourquoi, un jour, il me répondit : c’est pour se venger de lui quand, avant la chute du mur, il lui faisait prendre le train pour Moscou. Messieurs de la gauche, amusez-vous bien ! Dans l’état où je vous laisse la France, vous allez avoir de quoi vous occuper. Un de vos chers disparus aurait dit : vous allez avoir du grain à moudre ! Et Le Président B sautillant et saluant des deux bras en l’air les soldats de la Garde Républicaine qui tapaient le carton sur un coin de table Louis XV, prit la porte, descendit le perron quatre à quatre, -ce qui vu le nombre de marches se réduit à deux bonds- et s’écrase contre la portière de la 605 Peugeot que le colonel de gendarmerie garde soigneusement fermée.
Le Président B : Je vois que les nouvelles vont vite ! J’ai déjà plus droit aux limousines de l’Élysée ?
- Désolé, Monsieur, ce sont les consignes.
- Les consignes de qui.
- Mais de vous quand vous avez pris la place de M.Chirac que tout le monde ici aimait beaucoup.
- Bon d’accord, sortez mon vélo, j’irai à Neuilly en vélo ça me fera beaucoup de bien ; ça me calmera car je sens que je vais exploser quelqu’un avant longtemps !
- Désolé Monsieur mais le vélo appartient à la nation française.
- Ah, non, pas lui c’est un cadeau de Virenque !!!
Le Président A et le Président C en haut des marches se regardent et partent d’un grand éclat de rire. Ils se jettent dans les bras l’un de l’autre, se mettent des claques dans le dos. Le Président A en perd ses lunettes : - Enfin, fini le régime du Con !
Le Président C : Allons soit beau joueur ! Il est fini ne l’insulte pas en sus !
Le Président A : Non tu n’as pas compris je parlais du régime alimentaire de Ducon.
Le Président C : Ah oui, d’accord, enfin on les a bien eus ! Prêt pour le deuxième tour ?
Fin