Lettre ouverte à monsieur le Secrétaire au Trésor.
Votre défense est outrancière ! Ce n'est pas la première fois, je vous le dis, que votre comportement m'indispose et tout fascistes que vous affirmez que nous sommes -je parle de ceux qui, comme moi, s'offusquent, et le mot est faible, de votre comportement irresponsable- je me souviens, avec tristesse –et cette fois encore le mot est faible - de tous ceux de votre camp, des hommes et des femmes de votre sensibilité politique qui combattirent, avec mon père, mon oncle et d’autres vaillants jeunes hommes et courageuses jeunes femmes, le fascisme.
Je ne connais pas le parcours de chacun de ceux à qui je voudrais adresser cette supplique mais, je crois savoir, Mr Le secrétaire d’Etat au Trésor, que votre père fut l’un de ces résistants qui luttèrent contre le fascisme, le vrai, l’inhumain et lorsque je vous vis, hier, mardi 6 juillet 2010, au banc des ministres de l’Assemblée Nationale, porter une charge violente et infondée envers le parti socialiste – dont je ne suis pas l’un des adhérents- en l’accusant de faire le sillon des extrêmes et de l’extrême droite, je me suis demandé si, vous aussi, vous n’aviez pas comme seul objectif de plaire au prince et l’espoir de participer aux chaises musicales prévues pour septembre mais, sûrement, vu les événements, avant pour y décrocher un poste de ministre !
Un grand destin vous appelle mais prenez garde que de plus grands intérêts ne vous détruisent. Et puisque nous prêchons, vous et moi, chacun de notre côté, avec un net avantage pour vous qui avez l’aura, la place et les compétences, pour ce qui nous apparaît le bien, souffrez que nous choisissions nos cibles, les questions qui nous intéressent, les comportements qui nous interpellent et que nous ne soyons pas soumis à vos dictats, vos jugements outranciers au nom de la liberté d’expression, de la liberté tout court.
Ce langage vous étonne ? Pensez-vous être le seul à pouvoir, parce que vous êtes l’élu d’une minorité de la population française, parce que vous avez la tribune que vous donne votre position dans l’organigramme de la république, dire le bon, le juste et vous arroger le droit, l’impudeur de dire que tout le reste est calomnie et fascisme ?
Vous saurez donc que je pense que les personnes que la chance, l’absence de scrupules, la naissance, le destin (dans le désordre et sans avoir épuisé les motifs de leur situation dans la société) ont placé dans une situation si favorable qu’elles devraient en être modestes, humbles et qui se comportent avec autant de mépris pour les autres, ces personnes là ne méritent pas mon respect et que j’approuve tout ce qui est entrepris pour leur faire savoir qu’elles ne sont pas au-dessus des lois humaines et j’ajoute que leurs états d’âmes ne m’émeuvent pas.
Me voici donc, depuis de nombreuses années, livré à une forte passion et je vous assure vivement que je souhaite que les situations s’inversent et si je ne demande rien pour moi, je souhaite que vous connaissiez, une fois au mois, la détresse de ceux qui ont le cœur déchiré lorsqu’il faut qu’ils choisissent entre l’achat d’une paire de chaussures pour leur garçon ou la jupe pour leur fille. Que vous ne soyez pas révulsés par les situations honteuses que provoquent les lois que vous êtes si fiers de voter et d’appliquer me conduit à penser que ma colère est bien vaine, cependant elle n’est pas apaisée et je continuerait à m’élever contre vos méthodes chaque fois que j’en aurai l’occasion.