Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Juillet : un bilan semestriel.

1 Juillet 2011 , Rédigé par C

 

Aux États-Unis, le spectacle continue. DSK n' a pas fini de faire tourner les rotatives offset et le monde politique hexagonal de spéculer sur « DSK, le retour » et sur les primaires dans le parti socialiste. Les jours qui s'annoncent vont bruisser de mille rumeurs, mille grincements, mille sarcasmes. J'ai suffisamment écrit, dans ce blog, sur cette « affaire », mettant plus l'accent sur ce qu'elle dévoilait de la justice aux États-Unis, sur ce qu'elle pouvait avoir comme vertu pédagogique concernant la condition féminine, sur ce qu'elle montrait de certains comportements des journalistes, pour ne rien ajouter dans la litanie qui va suivre et qui est loin d'être terminée.

 

Juillet, c'est le moment de faire un bilan du semestre écoulé et qui vit, peut-être est-ce simplement une accélération de l'histoire due aux nouveaux moyens de communiquer qui bouleversent la hiérarchie des faits en empêchant le recul, le journalisme d'investigation, d'enquête, laisser la place à un journalisme des faits divers qui domine l'actualité par sa présence continuelle, proche du harcèlement, sur les chaînes de télé d'informations de plus en plus nombreuses, sur un internet de plus en plus présent via les nouveaux appareils de téléphonie, et une presse gratuite qui s'expose dans les rues, le métro, les grandes surfaces.

 

Et, justement c'est à l'aube du mois de juillet que les deux journalistes, Guéquières et Taponnier, qui pratiquaient le journalisme d'investigation, viennent de rentrer en France après de nombreux mois de captivité. La polémique sur les conditions de leur libération n'a duré que quelques heures, vite remplacée par l'agression dont a été victime le Président de la République, aussi vite effacée par la bombe DSK venue, dans la nuit, des Etats-Unis. A chaque libération d'otage, le scénario, bien rodé s'applique dans toute son absurdité. L'Etat s'offusque que l'on parle, le jour où tout doit être bonheur et félicité, de paiement de rançon et l'opposition veut savoir, à tout prix, ce qu'une fois au pouvoir, elle présentera, à son tour, comme secret d'état justifiant son attitude par le besoin de protéger les otages d'aujourd'hui et ceux de demain. Tout le monde sait que la libération d'otages a un pendant qui est, soit une rançon en espèces sonnantes et trébuchantes, soit l'échange des otages avec des prisonniers.

 

Le premier semestre a vu, au-delà des péripéties propres à la vie publique et qui ne sont que les scories de la vie tout court, les écarts de richesses s'accentuer, la crise ne pas toucher les plus riches et les plus prospères, les derniers retraités de soixante ans, et, dans l'ordre chronologique, à la Prévert :

  • l'appel à s'indigner de Stéphane Hessel qui a ébranlé le monde arabe et fait réagir la droite qui n'a pas hésité à persifler jusqu'à l'outrage, le discours d'un homme qu'elle devrait donner en exemple à son personnel politique ;

  • le printemps des peuples et la révolution de jasmin en Tunisie qui se répandra, comme une traînée de poudre, en Égypte, Libye, Syrie, Yémen, Maroc, mais qui seront toutes contrôlées pour ne pas dire muselées ;

  • le débat sur l'islam ou sur la laïcité, voire sur les arabes et les immigrés, on n'a pas vraiment su ni compris, à terme, ce que l'on essayait de faire sinon d'endiguer une montée de Marine Le Pen dans les sondages d'opinion et d'essayer, pour la droite, de retenir quelques voix d’extrême droite ;

  • les élections cantonales et le phénomène de l'abstention qui, non seulement perdure, mais s'aggrave à chaque élection ;

  • le procès Chirac avorté, reporté comme si le président vieillissant et diminué était devenu sa marionnette des Guignols de l'info ;

  • la bombe à Fukushima. Un tremblement de terre, un tsunami, des négligences coupables, une énergie mortifère, des centrales nucléaires qui mettent en danger le monde et des Japonais, en attendant d'autres populations, qui meurent à petit feu ;

  • la guerre en Libye. L'ONU puis l'OTAN aux commandes d'appareils de destruction qui bombardent depuis trois mois, dans la polémique, au début et ensuite dans la plus totale indifférence le territoire libyen. Les marchands d'armes sont les seuls qui ont un intérêt à la poursuite de la guerre que, pour des raisons « hautement politiques » on ne porte pas en Syrie où le pouvoir massacre une partie de sa population, en toute impunité ;

  • la pétition pour la suppression du ministre de l’Éducation Nationale mondialement signée dans un périmètre resserré autour de mon bureau et qui eût, sans doute mérité plus d'attention eu égard à la gestion des examens de cette fin d'année mais, c'est une autre histoire ;

  • l'attentat de Marrakech, villégiature très prisée par le microcosme politico-médiatique de la capitale française, qui fit, comme toujours d'innocentes victimes et qui permit, encore, à quelques uns de « rouler les mécaniques » devant les caméras de télévision en promettant une arrestation et une punition exemplaire pour les terroristes qui courent encore ;

  • la mort de Ben Laden, tué par les Forces Spéciales américaines selon un scénario digne des plus grands films de guerre américains. Des hélicos, des soldats armés jusqu'aux dents et bardés de gadgets électroniques qui attaquent une villa, filmés sous tous les angles, un corps jeté à la mer dans la plus grande discrétion voici la fin de Ben Laden. Au suivant ;

  • la FFF et sa politique des quotas ! Pardon, ils n'ont pas eu le temps de l'appliquer en 2011 ;

  • M.Wauquiez, ministre et ses saillies. Le bonhomme est intelligent, il sait flatter, il sait frapper où ça fait mal et le résultat est une promotion dans le dernier gouvernement Fillon ( Si, si Fillon est toujours premier ministre, c'est même lui qui a annoncé à M.Lemaire que Bercy promis par le Président serait donné à Baroin qui a menacé de démissionner si, si.)

  • l'affaire DSK ;

  • la crise grecque, pauvres grecs. Mais Mme Lagarde arrive au FMI avec la casserole Tapie. Une femme au FMI ! Diantre ! Une femme pour faire la politique des hommes comme un homme !

  • Les concombres à l'honneur avec l'E.Coli ! Concombre diplomatique amer. Mme Merkel, qui s'y entend pour donner des leçons à ces fainéants du sud, s'est pris un concombre dans la poire et c'est la seule péripétie qui m'a fait rire dans ce premier semestre que j'ai terminé en regardant une vidéo sur youtube : « Va Pensiero » dans Nabucco de Verdi, avec Muti à la baguette et Berlusconi au pilori.

Que nous réserve le deuxième semestre ? Ne prenant pas de vacances, je compte bien en faire la chronique et vous faire partager mes humeurs puisque les statistiques montrent que vous êtes de plus en plus nombreux à les lire. Merci à vous !

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article