Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

La révolution, c'est maintenant...

28 Mars 2012 , Rédigé par C

Oui, la période que nous vivons est révolutionnaire. Tout concourt à me faire penser et écrire que nous sommes à un tournant de l’histoire. Il y en a eu d’autres et il y en aura encore mais celui-ci est proche.

Difficile pour moi qui ne suis pas historien ou visionnaire de prévoir l’avenir avec l’expérience du passé mais je veux me livrer dans ce blog, (le suivi de la campagne électorale que je ne peux que subir par médias interposées à cause de mon isolement dans une vie de retraite à la campagne m'y encourage), à un constat qui débouche sur une prévision.

Les deux guerres mondiales, la crise de 1929, la Shoa, Hiroshima, la décolonisation, la chute du mur de Berlin et de l’expérience soviétique, les guerres néocoloniales toutes responsables de deuils et de malheurs, l’émergence des pays que l’occident avait qualifié de Tiers-Monde comme, avant 89, le peuple était le Tiers-Etat, et, la crise mondiale de 2008, bancaire, morale et humaine sont autant de crises qui ont façonné notre société.

Difficile de poser les prémices d’un discours, encore plus compliqué d’en poser les prémisses quand on s’apprête à développer un ressenti que tout le discours convenu contribue à nier ou ne pas voir.

Dans les sphères dirigeantes est apparu un libéralisme social, que représente caricaturalement le candidat Sarkozy mais aussi presque tous les autres candidats à l’élection présidentielle, issu de la peur de l’aggravation du chômage, de la précarité, des pertes d’emplois, de l’exclusion voire des phénomènes migratoires. Aussi, assiste-t-on à une montée brutale du tout économisme s’appuyant sur un libéralisme forcené présenté comme la seule voie possible pour le progrès de l’humanité. Cette dictature de la pensée unique est portée par une catégorie de nantis qui ne parle plus en milliers, mais en millions voire en milliards d’euros ou de dollars. S’ensuit une course à l’argent facile, aux réseaux qui le facilitent. « Chez ces gens-là, Monsieur », on n’a pas de patrie, on habite en Suisse ou à Monaco, on fait ses valises comme d’autres respirent, un jour à Marrakech, l’autre jour à New-York, un jour à Doha – on est bien partout puisqu’on chez soi partout – l’autre jour à St Moritz ou ailleurs – nous ne sommes plus à l’époque des lettres de change, les concentrations bancaires, l’internet facilitent les déplacements – et d’ailleurs certains apatrides de cœur ne s’en cachent pas quand ils disent qu’ils sont prêts à s’expatrier – le terme n’est pas bien choisi pour ceux-là même qui n’ont de patrie qu’un nom sur un passeport – si la gauche vient au pouvoir. Courage fuyons ! « Chez ces gens-là, Monsieur », la patrie c’est le fric.

Nous sommes dans une période prérévolutionnaire parce que tous ceux qui se trouvent en position de profiter de la conjoncture et des lois qui ont été votées depuis les années soixante et dix, ne se privent pas de piocher dans la caisse pour grossir leur tirelire. Pêle-mêle : les stock-options qu’ils s’attribuent  avantageusement, les salaires indécents qu’ils se votent par Conseil d’Administration interposé, les retraites-chapeaux qui défient toute raison, les délits d’initiés qui n’ont de délit que le nom, les prises illégales d’intérêts favorisées par des législations en mille-feuilles, et, pour l’anecdote un Shakespeare qui doit se retourner dans sa tombe quand il voit les saltimbanques actuels rétribués à prix d’or pour jouer leur personnage dans d’inégales comédies.

Nous sommes dans une période prérévolutionnaire parce qu’on ne peut décemment croire que des responsables financiers, des patrons, des élus ne pourront être, longtemps encore, irresponsables et non coupables des dégâts qu’ils causent, des misères qu’ils provoquent. « Chez ces gens-là, Monsieur », on peut couler une banque, fermer une entreprise, perdre des parts de marché, se tromper dans les stratégies, gouverner comme un pied et s’en tirer parfaitement serein et tranquille en ayant assuré l’avenir de deux ou trois descendances.

Nous sommes dans une période prérévolutionnaire parce qu’on ne peut humainement penser que l’on va pouvoir continuer à jouer avec le feu et tourner la tête encore longtemps pour ne pas voir la maison qui brûle. L’énergie nucléaire qui est ramenée au prix du Kilowatt/heure sans tirer les conséquences d’un Tchernobyl et d’un Fukushima, le réchauffement planétaire qui ne trouve plus que des Professeurs Tournesol pour nous expliquer que c’est la faute du soleil, les forages pour extraire le gaz et l’huile de schiste en Provence au mépris de l’eau millénaire qui coule des Alpes jusque dans notre robinet et de la destruction de paysages magnifiques qui ne pourront même plus être sillonnés par les quatre-quatre luxueux à qui il ne restera que les parkings extérieurs des villes pour faire briller leurs chromes inutiles !

Nous sommes dans une période prérévolutionnaire parce que nous ne sommes pas l’Islande – je peux fournir, à ceux qui sont intéressés, un sujet de mon ami Jean sur la révolution islandaise – mais que nous avons cependant des hommes et des femmes courageux qui pensent que cela ne peut durer encore longtemps ainsi et qui travaillent à changer les choses en agissant sur les mentalités, en faisant des propositions et qu’ils sont écoutés, mieux, qui sont entendus !

Le mouvement des indignés certes, les printemps arabes, les guerres perpétuelles qui prétendent imposer la démocratie par la force et la mort comme les terroristes prétendent faire plier les démocraties en assassinant aveuglément, les idéologies qui prônent l’exclusion, le racisme et qui semblent avoir de plus en plus l’oreille de masses déboussolées, font que l’horizon sombre d’une période tumultueuse est à notre porte. Il faudra des idées claires et du caractère pour ne pas se laisser entraîner par le chant des sirènes de l’égoïsme et faire le bon choix.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article