Le bac et la fraude.
Bac + pompes
A J-2, le microcosme s'inquiète de la fraude aux examens.
Comme la lutte contre la fraude fiscale s'enlise dans les sables mouvants des paradis fiscaux et s'épuise contre les vices des contribuables les mieux informés ou les plus puissants, la lutte contre les fraudes aux examens bute contre l'inertie des responsables académiques, contre la peur de l'élève et du conflit.
Ce matin, j'entends un responsable d'un syndicat d'enseignants demander le brouillage des salles d'examen pour empêcher l'utilisation des téléphones portables et/ou la réduction de la durée des épreuves parce que, dit-il, au bout d'une heure les corrigés des examens sont sur Internet, donc consultables et recopiés par les candidats ; j'entends, ensuite, un responsable académique nous expliquer la loi et sa rigueur sur ceux qui trichent et je ne comprends plus.
Soit la fraude est marginale parce que les surveillants sont assez nombreux, sérieux et efficaces pour empêcher les candidats de recopier des écrans de mobiles comme nous le faisions pour les empêcher d'utiliser les pompes traditionnelles cachées sous une règle, dans une trousse, sur une manchette de chemise et on n'en parle plus, soit la fraude est considérable, comme le dit, sans fard, cette candidate potentielle qui l'évalue à une demie classe et alors quelques questions s'imposent.
Les « adultes » démissionnent. Ils ont peur, peur du contact avec les « jeunes ». Ils ont des raisons mais, à mes yeux, peu d'excuses car, ne sont-ils pas les premiers responsables de cet état de fait ?
Quand on sait le manque de respect qu'on a laissé s'installer dans nos classes, il ne faut pas s'étonner, maintenant, que plus aucune discipline ne puisse s'imposer.
Les surveillants n'ont pas les moyens humains et légaux de faire respecter la règle et il faut alors incriminer le système. Le ministre, qui communique actuellement avec des clips où l'enseignante recrutée sort du pays de Candy, serait bien inspiré de faire son travail en organisant des épreuves honnêtes.
Dans tous les cas, l'exemple, que donne la société à travers cette caricature de la première initiation, n'est pas valorisant. Le bac était l'examen égalitaire, le passage cardinal du lycéen à l'étudiant, de l'adolescent à l'adulte. Il était la reconnaissance d'une compétence et depuis le Moyen-Âge, un titre désignant d'abord un chevalier, puis un jeune noble et un étudiant avancé dans ses études. Nous en sommes bien loin.