Les élections cantonales: à quoi ça sert?
Dans deux semaines auront lieu les élections cantonales.
La moitié des cantons sont renouvelables et pour trois ans, puisque la réforme des collectivités locales réduit le mandat jusqu'à l'élection des nouveaux Conseillers Territoriaux!
La campagne électorale commence aujourd’hui et, le moins que l’on puisse dire est qu’elle ne semble pas passionner les citoyens ; j’y vois plusieurs raisons qui ne sont pas à l’avantage des élus.
La première est le peu de visibilité d’y ceux-là ! Je n’ai pas eu vent, depuis six ans, d’une réunion publique, d’une rencontre et les seuls endroits où le conseiller général est physiquement repérable, fréquentable, c’est lors d’une inauguration, d’agapes, de foires aux chiens… A son crédit, je n’oublie pas les rendez-vous réguliers mais rares qu’il a avec les plaignants en mairie mais ce n’est pas cela que j’appelle un accompagnement de la population du canton.
Bien sûr la fonction de conseiller général ne se limite pas à la défense d’intérêts particuliers et collectifs du canton même s’il est nécessaire que le conseiller s’applique à être le médiateur entre les citoyens et l’administration départementale et qu’il pilote les dossiers cantonaux concernant les communes de son canton et qui sont du ressort du Conseil Général. Mais il doit, surtout, contrôler, pour mieux en accompagner l’élaboration, les politiques départementales, qu’il soit dans la majorité ou dans l’opposition départementale. Les politiques sociale, scolaire et de voirie.
Le Conseil Général ayant en charge la gestion du RSA, le fonctionnement des collèges et l’entretien d’une voirie que l’état, petit à petit, lui a délégué. Voilà des débats intéressants, des choix qui engagent le département et un contrôle des dépenses publiques. On entend, ici et là (ici c’est le maire de ma commune qui s’est plaint, lors des vœux du maire de la distribution inégale des prébendes départementales) des critiques dont le Conseil s’exonère en excipant l’imprévisible inondation de la ville de Draguignan et en alléguant les effets de la crise.
Pour le premier cas, l’approfondissement de l’intercommunalité, l’affermissement des liens qui auraient dû se créer entre les communes pour développer la solidarité dans ces circonstances exceptionnelles jouent-ils leur rôle ?
Dans le deuxième cas, la crise a deux ans, les élus ne pouvaient-ils en prévoir les effets à long terme et suspendre, par exemple, des projets qui ne semblent pas prioritaires ? C’est tout le débat.
Le conseiller doit être présent pour que sa vision lui permette d’anticiper, de prévoir. Des mandats consécutifs comme les différentes casquettes dont ils se coiffent, parfois allègrement, sont-ils les meilleures solutions pour une efficacité de tous les instants ? Poser la question c’est déjà y répondre !
Je remarque que les manifestations culturelles dans le cadre de tournées départementales (Opéra de Toulon par exemple) se tiennent plus volontiers dans les communes des conseillers que dans les autres. Mauvais esprit dira t-on ! Pas sûr, car il m’arrive, plus souvent qu’à mon tour, de devoir prendre ma voiture pour aller assister à une manifestation culturelle décentralisée (mais pas trop !) Si le département est un partenaire incontournable des communes rurales auxquelles il apporte soutien financier en fonctionnement et investissement, c’est grâce au rayonnement de toutes les communes qu’il pourra mettre en œuvre une politique territoriale efficace et éviter les villages-dortoirs ou les déserts qui sentent bon le thym !
J’ai eu, comme élu, une expérience décevante : nous avons mis trois ans pour que le département répare un kilomètre et demi de chemin communal qui va du village au hameau et depuis cinq ans la commune attend les quatre autres kilomètres et demi ! Ne parlons pas du dysfonctionnement des services sanitaires d’urgence où l’évacuation sanitaire en hélicoptère est devenu chose courante parce que le département est incapable d’organiser, dans les communes rurales, un service d’urgence correct. Même si le Préfet est responsable du bon fonctionnement du service public des soins, le conseil général doit dire clairement et fortement ses priorités et ses exigences pour que la zone rurale ne reste pas sinistrée.
Je sais qu’il n’est pas aisé de concilier liberté communale et volonté départementale de veiller à la cohérence du territoire en vue d’optimiser les aides mais il existe des outils que sont, par exemple, les contrats de territoire mais encore faut-il que les territoires soient cohérents, que la politique départementale soit claire, équitable. L’intervention baroque de l’état sur la constitution de communautés de communes n’a pas été à la hauteur de l’enjeu et il serait bon, puisque le débat est à la mode, d’avoir un véritable débat sur le « millefeuille administratif » et de trouver un fonctionnement des collectivités locales qui ne soit pas une distribution de postes d’élus et de partage du fromage.
Bon vote les 20 et 27 mars !