PARIS, encore...
Du sixième étage, où je me trouve, au-dessus de la fontaine des Innocents dessinée par Pierre Lescot et sculptée par Jean Goujon et édifiée sur un ancien cimetière, j'assiste au lever de soleil au-dessus de Beaubourg. Les quatre cheminées d'aération, qui se détachent sur le toit d'où surgissent treize gigantesques « trompes », s'éclairent et, les nuages qui les couronnent, font penser à des tours de refroidissement de quelque centrale nucléaire.
La matinée est fraîche, les Parisiens ne se pressent pas encore dans les rues que les balayeurs viennent, juste, de déserter et les touristes ne les ont pas encore envahies.
Devant la mairie, comme hier, une manifestation, des cris, des slogans. Nous nous approchons. Ce sont les éboueurs de la ville qui manifestent pour que leurs salaires soient revalorisés. Dans ce Paris historique, capitale du luxe et des plaisirs, ramasser les poubelles des autres ne rapporte pas beaucoup et, contrairement au football-business on n'a pas peur que les éboueurs, une fois formés à leur dur travail, aillent faire les poubelles de leur pays d'origine. Combien de sans-papier, combien d'illégaux, combien d'immigrés ramassent les poubelles parisiennes ?
Face nord, une colonne de couples attend l'ouverture de l'exposition consacrée à Paris au temps des impressionnistes. Les chefs-d’œuvre du Musée d'Orasy exposés, gratuitement, par la mairie de Paris. Excellente initiative car l'entrée libre permet de les voir sans avoir à s'acquitter d'un billet d'entrée qui, ajouté à tant d'autres, finit par grever vite et bien un budjet culture non extensible. Belle initiative et belle expo. Pédagogique, bien faite.
A Orsay, il y a l'expo Manet, mais là ce n'est pas gratuit.
L'après-midi, nous la consacrâmes à la politique et à l'Assemblée Nationale..
Nous avons assisté, invités par notre députée que nous avions sollicitée, aux questions orales au gouvernement. Qu'en dire ? En vrai, c'est comme à la télé. Une cacophonie d'une heure pendant laquelle les députés entrent, sortent, changent de place, se congratulent, s'interpellent, écrivent, lisent, font leur courrier, paraphent, utilisent leur i-phone, repartent en traversant tout l'hémicycle, envoient du courrier par l'intermédiaire des huissiers, en reçoivent par le même canal... Du premier balcon où nous nous trouvions, rien n'échappait à nos observations et le constat était plutôt pitoyable et l'exemple donné par les élus de la nation aux élèves du collège J.Giono qui nous entouraient, assez navrant.
Nous avons fini la journée dans le théâtre d'essai du Lucernaire où un acteur et une jeune actrice jouant divinement du piano, nous donnèrent, sur des textes de Victor Hugo et de son petit fils Georges, un spectacle subtil, savoureux, sensible, sentimental, lumineux, inspiré. Une soirée que je souhaite à beaucoup d'entre nous et qui, au-delà, de « l'Art d''être grand-père » est un bonheur par la qualité de la langue française, l'exquise poésie de Hugo et la preuve que les chefs d’œuvres sont immortels.
Le retour, à pied, dans Paris nocturne, clôtura cette journée où diverses facettes de la vie parisienne s'articulèrent pour notre plus grand plaisir.