Plan pour aggraver la dette.
Encore un plan qui ne règlera pas le problème de la dette ; encore un plan qui montre l'incompétence ; encore un plan qui ne s'attaque pas aux vraies défaillances structurelles et qui cible toujours les plus faibles et protège les plus aisés.
Cependant des réductions signifiantes auraient pu être prises depuis trois ans sans attendre que les actions engagées soient dépassées avant de pouvoir être appliquées.
Il est vrai que la droite au pouvoir ne peut les faire, prisonnière de son idéologie qui l'empêche de reconnaître qu'une des idées de la gauche s'impose, parmi d'autres, c'est la réforme fiscale. Dans le dernier plan, la seule mesure qui va augmenter les impôts des Français qui paient des impôts, c'est-à-dire ceux qui contribuent à l'entretien d'un système social protecteur, du fonctionnement des écoles, des hôpitaux et des commissariats de police entre autres – il est bon de rappeler, de temps en temps, que nos impôts servent à instruire, soigner, protéger - c'est le gel du barème de l'impôt sur le revenu. La conséquence immédiate est que certains perdront des aides, d'autres paieront plus d'impôts, par parce que leur situation se sera améliorée mais tout simplement par le simple jeu de l' l'inflation. (Auparavant, les planchers des tranches d'imposition étaient relevés en fonction de l'inflation, ce que tout le monde trouvait logique et qui ne pouvait être considéré comme une quelconque niche).
La réduction massive et raisonnée des subventions à une agriculture intensive dangereuse pour la santé publique – polluante, gaspilleuse d'énergie – et à une industrie dépassée comme l'industrie pharmaceutique où, dit-on, la grande majorité des molécules mises sur le marché sont des recyclages de molécules anciennes que l'on modifie juste avant qu'elles ne tombent dans le domaine public.
La suppression de nombreuses structures administratives et politiques qui font double ou triple emploi, comme le millefeuille des conseils régionaux, généraux, communautés d'agglomérations, de communes… La réduction du nombre de députés, de sénateurs, de députés européens qui sont aussi maires, présidents de conseils généraux, présidents de communautés d'agglos serait une mesure qui ne provoquerait pas un important chômage. C'est une provocation ! Fichtre, nous n'allons pas scier la branche sur laquelle nous dormons ! Je sais que cela ne règlerait pas tous les problèmes pas plus que le fait d'augmenter la TVA après l'avoir baissée il y a quelques mois et qui va toucher, d'abord, les petites entreprises locales et françaises. Total s'en moque, Boloré et Bouygues aussi !
La chasse au gaspis dans les administrations et des réformes concertées qui puissent permettre de prendre un virage à 180° dans la gestion des financements pour les rendre plus performants sans porter atteinte à l'équité.
On a l'impression de répéter toujours les mêmes poncifs mais n'est-ce pas parce que les plans du gouvernement nous y contraignent ?
Il serait plus utile de se poser la question de savoir comment on peut développer l'emploi, créer la croissance, réduire le chômage mais de cela, pas un mot dans les plans respectifs et le premier ministre, sous l'air ahuri et consterné des membres du gouvernement qui en dit long sur leur incompréhension des problèmes, qui a répété 18 fois le mot faillite aurait pu prononcer une fois celui de lutte contre le chômage des jeunes qui représentent 12% de ceux qui ont recours à l'aide alimentaire !
On nous parle si longtemps, si fort de la dette, dette grecque, dette européenne, dette mondiale qu'on en oublie que ce n'est pas la dette qui est la chose la plus grave mais bien la récession, la désindustrialisation, le chômage d'un occident fatigué, ridé, vieillissant. Si la richesse était mieux répartie, le pouvoir d'achat du plus grand nombre relancerait inévitablement la consommation et permettrait la création d'emplois, la rentrée d'impôts et le règlement de la dette. Ayons en mémoire qu'une toute petite partie de la population mondiale détient la presque totalité de la richesse mondiale et commençons par changer cela.
L'indignation n'est-elle pas le seul sentiment possible quand on entend que la seule mesure symbolique du partage de l'effort est le gel du salaire de nos ministres et du président de la république ? Attention le temps que les comptes se rétablissent, une précaution que l'on n'a pas prise pour les autres dispositions.