Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Sous les fourches caudines des marchés, relevons la tête.

22 Novembre 2011 , Rédigé par C

Après la large victoire à la Pyrrhus de l'Espagne, les taux à dix ans sont à la hausse. C'est le signe de défiance qu'envoient les investisseurs  aux nouveaux dirigeants du pays.  Mais, je fais remarquer que l'on dit n'importe quoi et que cela prouve que personne ne comprend plus rien à rien ; en effet, on ne peut pas dire, un jour, d'un côté, que les marchés anticipent la victoire de la droite en Espagne et montent les taux puis le lendemain, que cela n'a rien à voir avec les résultats des élections et de l'autre côté que si la France est visée par Moody's c'est parce que la gauche est en tête dans tous les sondages et que le risque est grand qu'elle accède au pouvoir. Il semble que nous sommes arrivés dans une période de marasme : aussi bien dépression économique et perte de sens. Personne ne veut admettre que les vieilles recettes du capitalisme comme de la social-démocratie sont devenues caduques. Il est temps, si nous ne voulons pas que l'extrême droite prenne le pouvoir en Europe – ce qu'elle est en train de faire dans certains pays avec l'aide de courants démocratiques déboussolés et incapables d'inventer une société plus juste et respectueuse de l'Homme – que des Hommes se lèvent pour montrer une autre façon de gouverner, une autre voie, une autre façon de vivre. Les marchés, qui ne sont pas destinés à gouverner les états, profitent de la situation et arriveront, lorsqu'ils auront pris les rênes du pouvoir grâce aux  experts formés par eux et pour eux, à nous dicter le nouvel ordre mondial.

 

Que dit, à ce sujet, le directeur de Barclays-Bourse, une des plus grandes banques étrangères en France pour clientèle fortunée et internationale : "Le marché est toujours à la recherche d'un modèle capable d'arrêter l'effet de contagion  de la crise de la dette publique européenne à l'économie réelle " !

 

Le marché à la recherche d'un modèle ? Mais c'est le marché qui est le modèle, avec ses banques, ses agences de notation, ses complices au pouvoir, son agenda, ses lobbys.

 

Il ne suffit pas comme on le lit et on l'entend, que l'on s'indigne que ce soient les "marchés" qui choisissent les dirigeants de la Grèce et de l'Italie, que l'éditorialiste du Point hurle qu'"on l'a bien cherché", il est temps de prendre conscience d'une dure réalité : quelles que soient les promesses, les grandes idées, les rodomontades, les annonces, les déclarations de bonnes intentions, nous ne croyons plus au personnel politique en place et, plus grave, désirant la prendre. Que l'on cesse de dire que les élections font la démocratie ; l'exemple espagnol qui vote majoritairement pour une droite qui n'a pas d'autre programme que celui d'appliquer la rigueur mise en place par des socialistes ne représente pas un progrès  démocratique, au plus, cela dénote de la colère, un désir de sanctionner ceux qui sont au pouvoir et qui n'ont rien fait. Que peuvent espérer les nouveaux élus prêts à appliquer le même programme imposé ? La même sanction après avoir aggravé encore un peu plus la situation.                    

 

Nous avons atteint l'apogée  et il ne nous reste plus qu'à bien négocier la descente**. Nous avons laissé tomber l'ascenseur social pour le toboggan social, nous usons du progrès pour le progrès et oublié que le progrès d'aujourd'hui pouvait être la décadence de demain. Il est urgent de changer radicalement notre façon de vivre sur une terre de plus en plus peuplée, de plus en plus pillée, de plus en plus tourneboulée.

 

Comment croire que la Grèce, l'Italie, l'Espagne, et que la France, dans moins d'un mois, puissent continuer leur petit bonhomme de chemin, leurs petites combines, leurs grandes resquilles – et ce n'est pas les discours du président sur le kiné escamoteur ou l'assuré  social voleur qui hausse le niveau de la réflexion et la compréhension du problème  - sans un changement profond des comportements des puissants, des dirigeants  qui ont le pouvoir et sans une confiance retrouvée de tous ceux qui observent et subissent ?

 

Demain la France devra passer sous les fourches caudines des marchés et l'image n'est pas usurpée pour des millions de citoyens qui ne peuvent supporter plus longtemps de baisser la tête. Quand ils seront nombreux à la relever, le monde vivra dans la tourmente et peut-être, alors, dans l'espoir.

 

**La France du pouvoir d'achat, du travailler plus pour gagner plus, des cadeaux aux riches, en rupture avec un passé immobile, vivant dans des villes nettoyées de leurs racailles au karcher à la France en faillite, la chute n'est que plus spectaculaire.

 

 

 

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article